Les agents IA dans le tourisme : ce que ça change vraiment
Agents IA, MCP, Apps... Je vous propose une première approche pour comprendre ce que c’est, pourquoi ça arrive maintenant, et ce que ça change concrètement pour le tourisme
Votre prochain client est en train de planifier son voyage. Il n'a pas ouvert Google. Il n'a pas tapé votre nom. Il a demandé à son agent IA. Et cet agent a répondu, avec ou sans vous.
Ce mot qui est partout
L'IA agentique ! Depuis quelques mois, le terme s'est installé dans toutes les conversations, toutes les conférences, tous les fils LinkedIn… en tout cas le mien. C'est le nouveau mot de l'année, le successeur de "GenAI", "LLM" et autres acronymes que l’on a tous dû apprendre au fur et à mesure. À ne pas confondre avec un retour de “l’argentique” en photo… 📷
Mais derrière les effets d'annonce, il y a quelque chose de réel. Et qui va certainement durer.
Le sujet est vaste, par où commencer ? Pour moi, il faut d'abord comprendre ce que c'est vraiment, ce qui se passe concrètement, et ce que ça signifie pour nos métiers.
Ça tombe bien, c'est tout l'objectif de ce 1er dossier sur ce sujet.
Allez c’est parti !
Ce n'est pas si nouveau… et c'est important de le savoir
Le Conseil de l'Intelligence Artificielle et du Numérique (CIANum pour les intimes) vient justement de publier une note sur le sujet. Son titre : "L'IA agentique n'est pas vraiment nouvelle".
Du coup, avant de parler d'agents IA, on va parler de... Shakey. Pourquoi ? Parce que ce robot, développé en 1966 au Stanford Research Institute, combinait déjà perception, raisonnement et action. Les 3 piliers fondamentaux de ce qu'on appelle aujourd'hui l'IA agentique. Pour rappel, 60 ans de recherche séparent Shakey de ChatGPT.

Et c'est Andrew Ng, l'un des pionniers mondiaux de l'IA, qui a remis le terme "agentic AI" au goût du jour en 2024. Depuis, les annonces s'enchaînent à un rythme qui donne le vertige.
Pourquoi maintenant ?
Parce que 3 éléments se sont alignés simultanément :
- La puissance des grands modèles de langage (GPT, Claude, Gemini, Mistral AI... dans leurs dernières versions) a atteint un seuil suffisant pour raisonner et planifier
- L'infrastructure cloud permet de faire tourner ces modèles en continu, à grande échelle, à un coût qui baisse chaque trimestre (coût financier, pas environnemental…)
- Des protocoles d'interopérabilité émergent pour que les agents puissent se connecter à vos outils et systèmes existants. Le plus connu, c'est le MCP (Model Context Protocol), que l'on verra en détail plus loin. Un autre, le A2A (Agent-to-Agent, développé par Google), va encore plus loin : il permet à des agents IA de collaborer entre eux, de se déléguer des tâches.
Et si vous cherchez le signal concret, il a un nom, une date et un tweet.
Peter Steinberger is joining OpenAI to drive the next generation of personal agents. He is a genius with a lot of amazing ideas about the future of very smart agents interacting with each other to do very useful things for people. We expect this will quickly become core to our…
— Sam Altman (@sama) February 15, 2026
Le 15 février 2026, OpenAI embauchait Peter Steinberger, le créateur d'OpenClaw. Un logiciel open source qui, en moins de deux mois d'existence, était devenu l'un des projets IA les plus populaires du monde. Sam Altman en personne l'a annoncé : "Peter va piloter la prochaine génération d'agents personnels."
Et quand OpenAI rachète à prix d'or la personne à l'origine du projet open source qui les concurrençait directement, le message est assez clair (le montant n'a pas été divulgué officiellement mais on parle d'un chèque d'un milliard de dollars... une paille !).
J'ai installé OpenClaw sur mon serveur et je commence à tester ce qu'il peut faire. Je n'en suis qu'au début mais si vous voulez suivre tout ça, c'est par ici :
Synthèse de Frédéric Cavazza :
"L'ère agentique est officiellement déclarée ouverte. Les chatbots ne sont plus qu'une étape transitoire."
Ok, mais concrètement, un agent IA, c'est quoi ?
On en parle depuis tout à l'heure mais c’est quoi, concrètement. Voici la définition la plus simple que j'aie trouvée :
3 verbes : percevoir, décider, agir. C'est tout car le reste (tout le reste) c'est de l'assemblage et du paramétrage autour de ces 3 piliers.

Et tout ça, un peu comme une boucle
Un développeur l'expliquait sur LinkedIn de manière assez claire :
Un agent IA, c'est une boucle. Votre question → le modèle génère du texte → ce texte dit "j'ai besoin de chercher X" → du code classique exécute la recherche → le résultat revient dans le prompt → le modèle relit tout et continue.
La vraie différence avec un assistant IA
Vous utilisez déjà des assistants IA : ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Mistral...
Vous posez une question, vous obtenez une réponse. Vous donnez une instruction, l'assistant exécute. Simple, basique.
Ces outils ont progressé sur la mémoire, c'est vrai. Ils retiennent des choses sur vous d'une conversation à l'autre mais c'est une mémoire sur vous, pas une connexion à vos systèmes. Votre CRM, vos disponibilités, vos fichiers internes, vos données partenaires... l'assistant n'y a pas accès.
L'agent, lui, s'y connecte directement. Il ne travaille pas à partir de ce qu'il sait de vous mais il travaille à partir de ce qui se passe réellement dans votre organisation, au moment où vous lui parlez.
Exemple concret :
"Rédige-moi un email de relance pour mes hébergeurs partenaires"
→ Il écrit l'email. Vous le copiez, l'adaptez, l'envoyez.
"Lance une campagne de réactivation pour les hébergeurs inactifs depuis 90 jours"
→ Il identifie les hébergeurs concernés dans votre CRM, personnalise un email pour chacun selon leur historique, programme l'envoi au meilleur moment, suit les ouvertures, relance les non-répondants, vous envoie un rapport de résultats. Vous n'avez pas à intervenir entre chaque étape.
Les niveaux d'intelligence agentique
Dans la littérature académique, on identifie habituellement 5 types d'agents IA. En pratique, pour nos métiers du tourisme, 3 types sont vraiment utiles à connaître aujourd'hui.
Niveau 1 - L'agent réflexe : il suit des règles
Si X alors Y. Pas de mémoire, pas d'adaptation.
La plupart des chatbots que vous avez déployés ces 5 dernières années sont à ce niveau. C'est déjà bien mais ce n'est pas encore de l'agentification.
Niveau 2 - L'agent orienté objectif : il planifie
On lui donne un objectif. Il décompose les étapes pour l'atteindre.
La grande majorité des cas d'usage dont on parle aujourd'hui se situent surtout à ce niveau.
Niveau 3 - L'agent d'apprentissage : il s'améliore
Il teste, observe les résultats, modifie sa stratégie. Il apprend de son expérience.
Ces systèmes existent déjà dans les grandes plateformes (Booking.com, Airbnb, Google…). Ils commencent à être accessibles à des acteurs plus petits via des solutions SaaS. Ce niveau-là, c'est celui qui se rapproche le plus d'un vrai partenaire commercial car il ne fait pas que ce qu'on lui dit, il devient meilleur au fil du temps.
📈 Ce que disent les chiffres
Les instituts convergent sur des projections assez vertigineuses (à prendre avec toujours du recul quand même... mais ça donne une idée) :
- 33 % des applications d'entreprise intégreront l'IA agentique d'ici 2028, contre moins de 1 % en 2024 (Gartner)
- Valeur économique potentielle : jusqu'à 450 milliards de dollars d'ici 2028 (Capgemini Research Institute)
- 93 % des dirigeants considèrent le déploiement des agents IA comme un avantage concurrentiel majeur
Et la confiance dans les agents totalement autonomes a chuté de 43 % à 27 % en un an. Selon la même étude Capgemini, seulement 2 % des organisations ont aujourd'hui un déploiement à grande échelle.
Le potentiel est clairement là, mais la maturité des organisations, beaucoup moins. À garder en tête avant de se laisser emporter par les annonces.
Un flux agentique de bout en bout : à quoi ça ressemble vraiment ?
Pour que tout ça ne reste pas abstrait, voici un exemple concret. Simple, mais représentatif de ce qui devient possible aujourd'hui.

Le scénario : un voyageur cherche un hébergement familial dans les Vosges pour le week-end du 15 août.
🔄 Les 5 étapes du flux agentique
- Le voyageur formule sa demande en langage naturel, depuis son assistant IA préféré. "Trouve-moi un hébergement familial avec piscine dans les Vosges pour le 15 août, 2 adultes 2 enfants, budget 150€ la nuit."
- L'agent décompose l'objectif en sous-tâches : identifier les hébergements correspondants, vérifier les disponibilités, filtrer par budget, préparer une réponse.
- L'agent interroge vos systèmes via MCP : il accède à votre système de réservation en temps réel, récupère les disponibilités, les tarifs et les équipements. Pas votre site web mis en cache mais vos données réelles, au moment où il en a besoin.
- L'agent sélectionne et formate : il compare les options, retient celles qui correspondent, et prépare une réponse avec photos, équipements, tarif et lien de réservation direct.
- Le voyageur reçoit une réponse personnalisée sans avoir visité votre site. Sans passer par une OTA et sans que personne dans votre équipe ait eu à intervenir.
C'est exactement ce que les gros acteurs du voyage ont compris, et on va le voir tout de suite.
ChatGPT devient une plateforme et le tourisme y prend position
Alors voilà un signal concret qui m'a le plus marqué ces dernières semaines.
OpenAI a tout doucement transformé ChatGPT en quelque chose de beaucoup plus grand qu'un chatbot. On connaissait les Custom GPTs (les assistants personnalisés accessibles via "Explorer les GPT") qui existent depuis fin 2023.

La vraie nouveauté, c'est les Applications : des services tiers qui connectent leur propre plateforme directement dans ChatGPT. Un niveau d'intégration inédit, un peu comme l'App Store à l'époque pour les iPhones. Et le tourisme est déjà là...

Les acteurs déjà présents
Sur ChatGPT, on trouve donc désormais des applications dédiées au voyage et au tourisme : assistants de planification d'itinéraires, comparateurs d'hébergement, outils d'inspiration voyage. Booking.com et Expedia ont été les premiers à avoir leur Application. Et ce ne sont plus les seuls...

Les gros acteurs du voyage sont déjà présents : Priceline, GetYourGuide, Voyages privé, All Acco, Booking.com, Skyscanner, TripAdvisor... Et tout récemment, le français Evaneos a rejoint la bande !

Evaneos déploie son application sur ChatGPT
Le 24 février dernier, Evaneos a donc annoncé sur LinkedIn (en anglais dans le texte) :
"We're now live on ChatGPT 🚀"
L'opérateur français de voyages sur mesure (15 ans d'expertise, 2 500 itinéraires testés, présent en France et en Belgique…) vient d'intégrer ses données directement dans ChatGPT.

Ce n'est pas tant une prouesse technique mais plutôt un choix stratégique de distribution intéressant à analyser.
Leur argument :
Alors que l'IA conversationnelle transforme la façon dont les gens imaginent leur prochain voyage, nous pensons que l'inspiration doit aller au-delà des suggestions génériques. En intégrant 15 ans d'expertise locale directement dans ChatGPT, nous positionnons Evaneos au tout début du parcours voyageur.
On va regarder de plus près ce que ça signifie (en tout cas ce que j'en comprends) :
- Evaneos ne veut pas subir la disruption, elle préfère l'anticiper
Plutôt que d'attendre que ChatGPT cannibalise sa distribution, elle s'y installe. - La data est l'avantage concurrentiel
Ce que ChatGPT seul ne peut pas offrir (les 15 ans d'itinéraires validés sur le terrain, par des agences locales) Evaneos l'apporte. La technologie pour amplifier l'expertise sans la remplacer. - Le point d'entrée du voyage se déplace
Avant, le voyageur cherchait sur Google, puis sur Evaneos.fr. Demain, il demande à son agent IA. Evaneos a choisi d'être là où la demande se forme de plus en plus.
L'expérience utilisateur : ce que ça donne vraiment

C'est peut-être le point le moins discuté actuellement mais je le trouve super intéressant. Ce qui fera la différence, ce n'est pas simplement "d'être disponible dans ChatGPT" mais aussi "comment vous vous y intégrez".
En décembre, j'avais testé et comparé Booking et Expedia. Le verdict : Booking restait assez en retrait en renvoyant vite vers son site. Expedia avait joué le jeu à fond avec photos, équipements, avis, carte… sans forcer une sortie de la conversation trop prématurément. On ne sortait qu'une fois la chambre sélectionnée.
Avec Evaneos, j'ai le sentiment que l’on passe un cap supplémentaire et c'est très instructif.

L'application Evaneos dans ChatGPT ne ressemble pas à une liste d'offres collée dans une interface générique.
C'est une expérience pensée avec les codes couleur de la marque, des boutons personnalisés, et surtout des pages "Destinations" éditoriales qui racontent un pays, une culture, une ambiance.
Et tout ça avant même de parler de prix ou de disponibilités. On est parfois plus proche d'un magazine de voyage interactif que d'un comparateur classique. Et c'est bien de voir qu'ils ont réussi à garder leur ADN.
Ce niveau d'intégration graphique et éditorial dans ChatGPT, c'est pour moi assez nouveau. Et ça dit quelque chose d'important : l'interface de l'IA peut devenir un vrai territoire de marque, pas juste un tuyau fonctionnel.
Là où ça questionne quand même…
Et oui, tout n’est pas rose non plus et je me pose quand même quelques questions. En intégrant 15 ans d'expertise dans ChatGPT, Evaneos nourrit aussi la plateforme qui pourrait demain la concurrencer directement. Ses données, ses itinéraires, sa connaissance terrain… tout ça circule maintenant dans un système qu'elle ne contrôle pas. Et si OpenAI décide demain de proposer son propre service de voyages sur mesure ? Evaneos aurait contribué à l'entraîner.
Mais d’un autre côté, les moteurs IA récupèrent déjà tous les contenus de ces sites… Vous vous souvenez du Petit Futé qui s'est fait aspirer toutes ses données ?

Ce n'est en fait pas une critique de la démarche d'Evaneos mais plus une question que chaque acteur qui intègre une Application sur ChatGPT doit se poser. Être présent là où la demande se forme, oui. Mais à quel prix, et avec quelles garanties sur l'usage de vos données ?
Pas simple et il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse à ce stade. Juste une décision stratégique à faire les yeux graaaannds ouverts. 👀
ChatGPT n'est qu'un des terrains de jeu
Frédéric Cavazza, encore lui, apporte une nuance utile sur ce que l'on vient de voir. Il distingue 3 postures qui coexistent sur le marché agentique aujourd'hui :
- Les startups qui innovent à un rythme qu'aucune organisation ne peut suivre.
- Les grands éditeurs, Microsoft, Google, Salesforce, qui intègrent des agents directement dans les suites que vous utilisez déjà (Copilot dans Teams, Gemini dans Workspace…).
- Et une troisième voie avec des logiciels locaux de pilotage d'agents, plus puissants mais plus techniques, réservés pour l'instant aux profils IT.
Pour la plupart des acteurs du tourisme, c'est la deuxième approche qui est la plus immédiatement accessible. Pas besoin de construire quoi que ce soit from scratch : vos outils de travail embarquent déjà des capacités agentiques. Le sujet, c'est de les activer, et d'y connecter vos données.
Et du côté des grandes plateformes ?
En parallèle, Booking, Expedia et Airbnb développent leur propre stratégie agentique, directement intégrée à leurs produits, pas via ChatGPT.
Rapide tour d'horizon :
- Booking.com déploie ses premières fonctionnalités agentiques directement dans son interface : assistance conversationnelle vocale, messagerie intelligente partenaires-voyageurs, et une ambition de gestion du séjour de bout en bout qui est encore en déploiement progressif.
- Expedia pousse dans la même direction, avec un agent de service client déjà solide (il gère plus de 143 millions de conversations par an) et des fonctionnalités de planification en langage naturel. La brique de réservation autonome, sans changement d'application, est leur cap annoncé, pas encore leur réalité.
- Airbnb va plus loin encore dans l'intention stratégique : la plateforme se redéfinit ouvertement comme une "app AI-first", un pivot assumé par Brian Chesky lui-même depuis l'été 2025, qui dépasse le simple ajout de fonctionnalités.
On a parlé de stratégie, de plateformes, de positionnement. Mais concrètement, ce qui rend tout ça possible techniquement, c'est un protocole. Et il faut vraiment qu'on en parle.
MCP : la plomberie qui change tout
Derrière des intégrations comme celle d'Evaneos, il y a des protocoles techniques qu'il faut connaître. Le plus structurant en ce moment : le MCP (Model Context Protocol), développé par Anthropic, la société qui édite Claude.
Le MCP permet à un agent IA de se connecter directement à vos systèmes pour accéder à vos données en temps réel : votre système de réservation, votre base de connaissance, votre CRM, votre SIT…

En gros, le MCP, c'est un peu le traducteur universel entre vos outils métiers et les agents IA. Sans lui, l'agent parle dans le vide. Avec lui, il sait où chercher. Et il trouve.
Pourquoi c'est important ? Parce que sans MCP, un agent IA ne voit que ce qui est publié sur votre site web. Avec MCP, il peut interroger vos disponibilités en temps réel, accéder à vos tarifs actuels, consulter vos équipements et particularités.
Mais ce qui est moins connu, et pourtant fondamental, c'est que le MCP ne se limite pas à la lecture. Il permet aussi l'écriture. Concrètement, si la plateforme l'autorise, l'agent IA peut sauvegarder un favori, créer un itinéraire, pré-remplir un formulaire de réservation, voire finaliser une commande. C'est là que l'on bascule vraiment de l'assistant qui informe à l'agent qui agit.
C'est le développeur du serveur MCP qui choisit ce qu'il expose, et à quel niveau. On peut très bien autoriser "ajouter aux favoris" sans autoriser "confirmer la réservation". C'est granulaire, et ça permet de garder la main sur ce que l'IA peut faire ou non.
Ce que ça change pour le tourisme
Un voyageur demande à son agent IA : "Trouve-moi un hébergement familial avec piscine dans les Vosges pour le week-end du 15 août."
- Sans MCP : L'agent scrute votre site. Les informations sont peut-être obsolètes. Vous perdez face aux plateformes qui ont implémenté MCP.
- Avec MCP : L'agent se connecte à votre système de réservation, récupère les disponibilités en temps réel, présente votre offre avec un lien de réservation direct.
La visibilité de demain ne se construit plus seulement avec le SEO. Elle se construit avec la qualité, la fraîcheur et l'accessibilité de vos données.
🇫🇷 data.gouv.fr branche les données publiques françaises dans vos agents IA

Le 25 février 2026, data.gouv.fr a mis en ligne son serveur MCP expérimental, accessible à tous, sans authentification. Concrètement, depuis votre assistant IA préféré, vous pouvez désormais interroger les données publiques françaises en langage naturel : rechercher un jeu de données, consulter des métadonnées, analyser des ressources tabulaires, accéder aux statistiques de fréquentation ou explorer des API comme l'API Adresse ou Sirene.
Les données DATAtourisme, elles remontent dans data.gouv, non ?
Pour les OT, CRT et destinations qui publient leurs données touristiques en open data, c'est une info à connaître : vos données pourraient demain être directement interrogeables par des agents IA, sans que le voyageur ait besoin de visiter votre portail.
Pour rappel, DATAtourisme est déjà référencé sur data.gouv.fr avec ses plus de 450 000 points d'intérêt touristiques (POI). Du coup, la qualité de ce que vous saisissez dans votre SIT aujourd'hui détermine aussi la façon dont un agent IA qui utiliserait ce serveur MCP vous trouvera, ou ne vous trouvera pas, demain.
Bon, je pense que l'on va s'arrêter là pour aujourd'hui.
Ce que je retiens de tout ça : l'IA agentique n'est pas un sujet à surveiller de loin en attendant que ça se stabilise. Elle est déjà en train de redessiner l'endroit où se forme la demande. Et l'endroit où se forme la demande, c'est là où il faut être.
Il reste beaucoup à explorer : sécurité, gouvernance, rôle de l'humain dans la boucle, et des cas d'usage très concrets que je veux vous montrer de près, à commencer par Mindtrip qui évolue très très fort en ce moment.
On y reviendra, c'est promis. En attendant, j'espère que ce premier épisode vous aide à y voir plus clair.
🔁 Ce qu'il faut retenir de ce premier épisode
- L'IA agentique n'est pas une rupture soudaine. C'est une évolution qui franchit aujourd'hui un seuil d'applicabilité réelle.
- La différence fondamentale : l'assistant exécute vos instructions, l'agent poursuit vos objectifs.
- Le tourisme n'est pas en retard. En France, des acteurs comme Evaneos montrent déjà la voie.
- La clé n'est pas dans la technologie. Elle est dans la qualité de vos données, la clarté de vos processus, et votre capacité à définir là où l'humain reste indispensable.
- L'agentification commence par le bas : données propres, processus documentés, équipes formées.
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Nicolas François
