IA & Tourisme : Mes 7 résolutions pour rester aux commandes en 2026
De l'artisanat numérique à la souveraineté : comment transformer l'IA en véritable levier métier sans perdre son âme d'expert local
Après une coupure quasi totale pendant les fêtes (que ça fait du bien !), c’est une discussion avec mon ami Grégory Guzzo qui a conforté ce qui sera mon fil rouge pour 2026 :
« Faire le mieux ce qui compte le plus. L’expertise aux commandes de l’IA »
Je pense qu’il faut la relire plusieurs fois pour bien la saisir... mais je l’aime bien cette phrase. Elle résume parfaitement ce qui nous attend.
Pourquoi ? Parce que jusqu’ici, on a surtout utilisé l’IA pour “générer du contenu”. En 2026, l’enjeu va être d’orchestrer des processus.
Et qu’on se le dise, l’IA ne remplacera ni la finesse de l’expert qui connaît son territoire, ni l’esprit d’analyse nécessaire pour ne pas “automatiser un mauvais processus”. Mais on va devoir oublier l’IA gadget, pour entrer dans l’utilité réelle : déléguer les tâches répétitives ou à faibles valeurs pour augmenter notre valeur ajoutée… humaine.
Pour essayer de mettre ça en musique, je me suis pris au jeu des résolutions de début d’année. 7 (bonnes) résolutions qui vont rythmer mon année… en tout cas sur le papier (on sait très bien qu’on ne les tient jamais… :)
Un aperçu rapide pour les plus pressés :
- Retrouver son âme d’artisan numérique
- Passer de l’IA “Hype” à l’IA “Utile”
- Opter pour la frugalité et la souveraineté
- Passer du bricolage individuel à une démarche d’équipe
- Soigner sa visibilité dans les moteurs IA
- Faire son ménage de printemps numérique
- Muscler son esprit critique
#1 Retrouver son âme d’artisan numérique
IA et artisanat ? Hum… vous vous demandez peut-être si je n’ai pas fait un break un peu trop brutal quand même. Je vous rassure, pas du tout, ça va très bien. Mais il faut reconnaître que ces dernières années, on a surtout appris à être de bons “utilisateurs”. Pour nos besoins spécifiques, on a souvent dû choisir entre s’adapter à des plateformes généralistes puissantes, mais souvent (trop) rigides, ou confier le développement d’outils sur-mesure à des agences spécialisées.
En 2026, on va vers un changement de paradigme. L’IA n’est plus seulement un générateur de contenu ou un moteur de recherche boosté… c’est devenu notre établi. C’est un peu le retour du DIY (Do It Yourself), mais avec une puissance de frappe démultipliée.
La technologie qui s’adapte enfin au terrain ?
Comme le souligne très justement Emmanuelle Roux sur LinkedIn, on retrouve une capacité de production qui s’était un peu perdue avec la complexification du web. Attention, ça ne veut pas dire que tout le monde saura tout faire et que c’est la fin des experts. C’est même plutôt le contraire… car ils pourraient devenir les meilleurs alliés pour orchestrer tout ça. Mais c’est la fin de la technologie qui impose son cadre à l’humain.

Grâce à l’IA (et des outils comme Claude Code), on entre dans l’ère de l’artisanat numérique “boosté à l’IA” :
- Coproduire avec l’IA au lieu de simplement consommer des fonctionnalités “étagères”.
- Créer de petits outils IA sur-mesure, adaptés à un territoire ou à une équipe, qui automatisent une tâche précise (tri de données, gestion de collectif) en respectant exactement les règles métier et les données locales.
- Reprendre le pouvoir d’agir : fabriquer pour comprendre, tester pour s’ajuster, et rester maître de ses processus (le plus important selon moi).
Pourquoi c’est intéressant pour nous ?
Dans le tourisme, vous le savez aussi bien que moi, notre valeur ajoutée, c’est la finesse locale, l’humain et la connaissance quasi intime d’un territoire. Aucune plateforme mondiale ne pourra “standardiser” l’âme d’une destination.
L’artisanat numérique, c’est décider qu’en 2026, la technologie n’est plus un cadre imposé, mais une matière que l’on façonne. On ne se contente plus de “prompter” : on construit. Just do it…
À retenir :
- En 1 phrase : redevenir “artisan” pour façonner des micro-outils utiles, au plus près du terrain.
- Premier pas : listez 1 irritant récurrent de votre quotidien et décrivez-le en 5 lignes (qui, quand, avec quelles données, quel résultat attendu).
#2 Passer de l’IA “Hype” à l’IA “Utile”
Hahaa ! Celle-là, elle me plaît bien :) Et oui, on arrive au bout de la phase de séduction (en tout cas je l’espère vraiment). Après des mois de démos spectaculaires, parfois franchement inutiles, l’heure est au bilan. Ouf.

Vous vous souvenez de cette étude du MIT qui avançait qu’environ 95% des pilotes GenAI n’atteindraient pas de résultats financiers tangibles. Un chiffre à prendre avec prudence et un peu de recul (notamment sur le contexte de l’étude), mais c’est le message qu’il renvoie qui est intéressant : on a parfois confondu le “spectaculaire” et “l’utile”. C’est évidemment un peu plus complexe que ça, mais on a pu être tenté de vouloir lancer des outils “parce qu’il fallait en être”, sans toujours mesurer l’impact réel sur nos métiers.
2026 sera l’année de l’évaluation
On va passer de la question “Est-ce que l’IA peut faire ça ?” à une réflexion plus mature : “À quel coût, pour qui et avec quels bénéfices ?”
Et c’est là, à mon avis, le vrai déclic : on n’évalue pas “une IA” en général. On évalue un usage précis, sur un process précis, avec un humain dans la boucle et des critères de sortie clairs. Et ça change tout.
Pour nous, les pros du tourisme, ça signifie :
- Sortir du “gadget” : Un agent conversationnel mal fichu qui capte une part marginale de votre trafic n’est pas une stratégie digitale. C’est au pire, un test de curiosité et au mieux, un bon moyen d’intégrer l’IA dans sa structure et travailler la structuration de ses données.
- Partir du besoin de terrain : L’objectif reste d’adapter la technologie à vos processus, et jamais l’inverse. Ça paraît évident quand on le dit... mais on peut vite tomber dans le piège.
- Mesurer pour de vrai : Il est temps d’introduire des indicateurs (KPIs) sérieux et des tableaux de bord pour vérifier si l’IA nous fait vraiment gagner en qualité de service, ou si elle nous ajoute simplement une couche de fatigue numérique.
Ok, mais c’est quoi la résolution alors ? Pour 2026, je dirais que l’on ne lance plus rien “juste pour voir”. On évalue, on benchmarke et on ne garde que ce qui apporte une valeur ajoutée mesurable à nos équipes et à nos voyageurs.

À retenir :
- En 1 phrase : en 2026, on juge un usage sur un process, avec des KPI, pas “l’IA en général”.
- Premier pas : choisissez 1 process (mails, FAQ, accueil…) et notez 1 KPI simple (temps, qualité, satisfaction, erreurs)
#3 Opter pour la frugalité et la souveraineté
On reste dans l’esprit “artisan” de la première résolution, mais cette fois en s’attaquant à un sujet qui gratte un peu plus : l’impact écologique et la dépendance aux géants du Cloud. En 2026, on ne peut plus du tout ignorer la dissonance entre promouvoir un tourisme durable et faire tourner des modèles très lourds à l’autre bout du monde pour rédiger un simple mail (désolé si je grossis le trait, c’est pour l’idée générale).
Préférer des acteurs européens quand c’est possible

Choisir ses outils, c’est de plus en plus choisir son camp. Est-ce que c’est bien ? Je ne sais pas… mais si vous voulez garder vos données et traitements sous pavillon européen 🇪🇺, une option cohérente existe et elle est française : Mistral AI. Que ce soit via leur interface “Le Chat” ou en intégrant leurs modèles ouverts, c’est le choix de la cohérence pour 2026.
Petit rappel utile
La “souveraineté”, ce n’est pas le nom de l’outil mais l’ensemble des garanties autour :
- Où tournent les modèles (UE ou non, et sur quel cloud)
- Quel contrat sur les données (logs, rétention, entraînement…)
- Qui a accès (support, sous-traitants…)
- Quels moyens de contrôle (audit, chiffrement, gouvernance…)
Promis je vous fais un topo très vite sur Mistral :)
Vers une “constellation” de petits modèles
Comme le rappelle souvent Luc Julia, l’avenir n’est pas dans une IA unique et gargantuesque, mais dans une constellation de modèles spécialisés, plus petits et plus économes. C’est l’idée de choisir le bon outil pour la bonne tâche au lieu de sortir le marteau-piqueur pour enfoncer un clou.
L’IA en local, directement sur votre ordinateur
Une solution complémentaire que je teste depuis quelques mois et que je vous encourage vraiment à explorer, c’est l’IA locale. Avec des outils comme Ollama, vous pouvez installer des modèles (comme ceux de Mistral par exemple) directement sur votre ordinateur ou votre serveur.
La force ?
- Confidentialité renforcée : vos données ne quittent pas votre machine (sauf si vous les synchronisez ailleurs)
- Sobriété d’usage : votre processeur travaille ponctuellement, donc moins d’allers-retours vers le cloud quand ce n’est pas nécessaire
- Souveraineté : vous êtes moins à la merci d’une coupure de service ou d’une hausse de prix unilatérale d’une plateforme américaine
La résolution : En 2026, on cherche l’équilibre en privilégiant les infrastructures locales pour protéger nos idées et on essaye d’adopter une approche un peu plus “Slow Tech” : moins de puissance “brute”, plus d’intelligence ciblée.
À retenir :
- En 1 phrase : viser une IA plus frugale et souveraine, en choisissant le bon modèle au bon endroit.
- Premier pas : identifiez 1 tâche “sensible” (données, confidentialité) et listez vos options : cloud pro, modèle européen, ou test local sur un poste dédié.
#4 Passer du “bricolage” individuel à une démarche structurée
On a tous commencé de la même manière : un test rapide sur un coin de bureau, un prompt bricolé pour répondre à un mail ou traduire une brochure. C’était la phase de découverte et je reste convaincu qu’elle est hyper utile et nécessaire. Une étape quasi obligatoire. Mais en 2026, si on veut que l’IA apporte une vraie valeur à nos organisations, il va falloir sortir du mode “Michel fait ses trucs dans son coin”.
Car sans cadre, ce “Shadow AI” (l'usage caché de l'IA) risque vite de devenir un problème, notamment en termes de fuite de données, plutôt qu'un levier.
L’effet “Service informatique” des années 90

Attention à ne pas voir l’IA comme une baguette magique, en s'imaginant qu’il suffirait de déléguer ses problèmes au “spécialiste IA” de l’équipe pour qu’il les règle par enchantement.
Un peu comme à l’époque quand on appelait la personne “la plus calée” en informatique pour une imprimante mal branchée ou un bug Excel… en attendant qu’elle “répare la machine” sans que l’on s’implique.
Houston, we have a problem… En 2026, ça ne marche pas comme ça. L’IA ne réglera pas vos problèmes à votre place si vous ne participez pas à la réflexion.
L’IA aide mais elle ne remplace pas votre jugement
L’expert IA n’est pas un magicien, c’est au mieux un orchestrateur. Si vous ne comprenez pas le fond de votre métier, si vous n’arrivez pas à exprimer clairement votre problématique, si vous n’avez pas les données structurées… il ne pourra pas inventer un processus efficace à votre place.
Pour que l’IA soit utile, il faut :
- S’impliquer personnellement : L’IA demande un esprit d’analyse et de synthèse que seul l’humain possède.
- Construire un socle commun : Rédiger une charte IA pour fixer les règles du jeu.
- Créer des communautés apprenantes : Partagez vos découvertes au lieu de tout attendre d’une seule personne.
La résolution ? On mise sur le collectif. Et sur la mise en place de binômes (un expert métier + un “référent IA”) pour que la compétence circule. Dans le tourisme, on a tout à gagner à travailler ensemble (même à l’échelle d’un territoire) pour ne pas laisser les grands acteurs technologiques dicter seuls les règles du jeu.
À retenir :
- En 1 phrase : passer des tests individuels à une démarche d’équipe, cadrée et partageable.
- Premier pas : écrivez 5 règles simples d’utilisation de l’IA dans votre structure (quelles données ne jamais mettre, comment vérifier, où stocker, quels outils utiliser, qui prévenir en cas de doute).
#5 Soigner sa visibilité dans les moteurs IA (AI Overviews, ChatGPT…)
Que l’on soit “pour ou contre” l’IA, ce n’est pas du tout le sujet car c’est une question d’usage de nos clientèles. La manière dont les voyageurs trouvent l’information est en train de basculer. Je vous en parlais assez en détail dans le dernier numéro de décembre. On passe du “Comment être bien classé sur Google ?” à “Comment être recommandé par une IA ?”. Et en 2026, si les algorithmes ne vous voient pas, vous n’existez plus pour une part croissante de votre audience.

Du SEO au GEO ?
La nouvelle règle du jeu s’appellerait le GEO (Generative Engine Optimization). Je dis “s’appellerait” car ce terme a aussi un petit côté marketing... mais passons. Ce qui est vraiment important c’est ce qu’il se passe. L’idée n’est plus seulement de plaire à un moteur de recherche classique, mais d’être cité et sourcé par les AI Overviews de Google ou par ChatGPT.
Pour 2026, ça demande de :
- Structurer vos données : Plus vos informations (horaires, tarifs, descriptions) sont propres et lisibles par les machines, plus vous avez de chances d’être recommandé. J’aurais pu écrire “Continuer de structurer vos données” car c’est normalement la base. Ne vous attachez pas à un modèle (ça change encore tellement vite) mais attachez-vous plutôt à vos données.
- Tracker votre nouvelle visibilité : Il est temps d’intégrer à vos tableaux de bord le suivi de vos “parts de voix” sur les moteurs génératifs.
Le pont technique : le protocole MCP
C’est sans doute le terme le plus important de cette rentrée, je vous en parlais déjà dans le numéro sur l’automatisation et l’IA. Le MCP (Model Context Protocol), c’est un peu le “port USB” universel qui permettrait de connecter vos outils métiers (SIT, systèmes de réservation…) directement aux agents IA. C’est beau, non ? 🥹

C’est grâce à lui que des acteurs comme Booking ou Expedia deviennent “réservables” depuis ChatGPT... avec, pour l’instant, une étape de finalisation (dont le paiement) qui se fait encore hors de la conversation. Mais les choses devraient s’accélérer avec l’arrivée de l’Agent Pay de Mastercard… à suivre.
Est-ce qu’en 2026, notre enjeu collectif ne sera pas de faire en sorte que nos offres locales soient, elles aussi, “interrogeables” par ces nouveaux assistants ?

La résolution ? On ne mise plus tout sur les clics vers notre site. On s’assure que nos données sont assez solides et structurées pour être reprises par les IA et rester dans la boucle de décision du voyageur.
À retenir :
- En 1 phrase : rendre vos infos lisibles par les IA pour être cité et recommandé dans les moteurs IA.
- Premier pas : prenez 1 fiche (lieu, activité, événement) et vérifiez 5 champs clés : horaires, tarifs, accès, conditions, contact, à jour et cohérents.
#6 Faire son “ménage de printemps” numérique (dès janvier)
On s’est tous inscrits à une dizaine d’outils l’an dernier (bon, j’avoue… c’est pire pour moi 😬), souvent dans l’urgence du moment ou pour tester une fonctionnalité prometteuse.
Souvenez-vous ce qu’on se disait en septembre sur le FOMO :
“Le problème, c'est qu'à force de courir après les nouveautés, on en oublie de se concentrer sur l'essentiel : comprendre les outils et savoir vraiment s'en servir. Se jeter sur la dernière fonctionnalité est super tentant, mais ça génère aussi beaucoup de stress et une sorte de "fatigue de l’IA". Trop d'infos, trop souvent, trop...”
En 2026, la maturité passe par le réglage des curseurs. Il est temps de faire le ménage et de vérifier qui a accès à quoi dans vos interfaces.
Faire le point sur ses accès
L’erreur classique, c’est de laisser les vannes ouvertes par défaut. Pour cette rentrée, je vous suggère un petit audit rapide :
- Désactiver l’entraînement : Allez dans les paramètres de vos comptes (comme ChatGPT par exemple) et assurez-vous que l’option « Entraînement des modèles sur vos données » est bien désactivée pour vos fichiers pro. Attention, il y a une petite subtilité chez Google avec Gemini… et pas des moindres. Je vous en parle un peu plus bas.
- Auditer les accès : Quelles extensions ou applications tierces ont encore accès à votre compte Google ou Microsoft ? Faites le tri : on accumule souvent des “fantômes numériques” inutiles.

Séparer le pro du perso
C’est une règle d’hygiène de base, mais elle est souvent oubliée dans le flux du quotidien. Évitez de traiter des documents confidentiels de votre structure sur un compte personnel gratuit. En 2026, la frontière doit être nette pour éviter que vos données stratégiques ne finissent par nourrir un modèle public sans votre accord.
La résolution ? On prend 1 heure ou 2 ce mois-ci pour passer en revue ses réglages de confidentialité. C’est moins excitant que de générer une vidéo, mais c’est sûrement ce qui vous permettra de dormir sur vos deux oreilles toute l’année 🧘
À retenir :
- En 1 phrase : réduire le risque en reprenant le contrôle de ses accès et de sa confidentialité.
- Premier pas : ouvrez les paramètres d’un outil IA que vous utilisez et vérifiez : entraînement des données, historique, apps/plug-ins connectés.
#7 Muscler son esprit critique au lieu de l’appauvrir
On termine sur ce qui est le socle de tout… Tadam ! Notre cerveau ! 🧠
L’IA est un outil de productivité incroyable, mais elle peut aussi devenir un piège à paresse intellectuelle si on n’y prend pas garde. La facilité avec laquelle elle génère des réponses crédibles (mais parfois fausses) peut carrément nous endormir.
Dans son dernier livre “Le paradoxe du tapis roulant - Vaincre notre paresse intellectuelle face à l’IA”, Marion Carrée propose une métaphore que j’aime beaucoup : celle du tapis roulant.
Utilisée sans recul, l’IA peut nous emmener tous au même endroit, en produisant une bouillie standardisée (le fameux “AI slop”) : des contenus crédibles, mais homogènes et assez pauvres. Son conseil : aller à contre-sens et en faire un tapis de course. Autrement dit, se servir de l’IA pour muscler notre esprit critique, pas pour le remplacer.

Le problème : Sans votre expertise pour diriger la machine, vous obtenez des résultats “convenus” qui sentent le “Top 10 Tripadvisor”. Normal.
Cultiver son esprit critique
En 2026, on évite de “prendre pour argent comptant” ce que l’IA produit. On la traite comme un contradicteur, voire comme un partenaire de réflexion : elle peut faire gagner du temps, mais elle ne remplace ni le discernement, ni la responsabilité.
Deux réflexes que je force à appliquer, même quand je suis pressé :
- Demander la contradiction : “Quels sont les contre-arguments ? Où sont les angles morts ? Qu’est-ce qui pourrait faire échouer ce plan ?”
- Exiger des sources : dès qu’un chiffre paraît “trop beau pour être vrai”, demander d’où il vient, recouper et vérifier avant de relayer.
L’IA ne vous enlève pas votre responsabilité
Je trouve ça toujours assez fou, quand on parle d’IA, on a parfois l’impression qu’on ne serait plus responsable de ce qu’on livre, publie, transmet… Euh… avant l’IA, on a toujours été responsable de ce qu’on publiait, non ? C’est pareil avec l’IA.
Et si on zoome dans le tourisme, la différence entre une information factuelle froide et une expérience qui fait rêver, c’est souvent dans le storytelling et l’authenticité humaine. L’IA peut vous aider à structurer un texte, mais elle ne remplacera jamais votre “patte” d’expert local ni votre responsabilité finale sur ce que vous publiez.
La résolution ? On utilise l’IA pour nous challenger et nous élever, tout en restant fermement aux commandes. En 2026, on ne laisse pas l’outil penser à notre place. On reste le chef d’orchestre.
À retenir :
- En 1 phrase : utiliser l’IA pour vérifier et débattre, sans déléguer sa responsabilité.
- Premier pas : sur un sujet en cours, demandez à l’IA 3 contre-arguments + 3 points à vérifier (sources, chiffres, hypothèses).
En synthèse

☕️ Questions au comptoir...
Est-ce que je peux vraiment devenir "artisan numérique" sans avoir de budget pour un développeur ?
Oui, et c’est tout l’enjeu de 2026. L’artisanat numérique, ce n'est pas forcément coder, c'est utiliser l'IA pour assembler des solutions sur-mesure (via des GPTs ou des automates simples) qui collent à vos règles métier. L'investissement se fait en "jus de cerveau" et en temps de réflexion, pas en lignes de code coûteuses.
Comment faire si je n'arrive pas à mesurer l'impact financier direct de mes outils IA ?
Pas la peine de chercher le ROI financier immédiat sur chaque prompt. Je pense qu'it faut plutôt mesurer l'utilité : est-ce que vos réponses aux clients sont plus précises ? Est-ce que votre équipe gagne deux heures de "travail pénible" par semaine ? Un gain de qualité sur un process irritant est un indicateur de succès bien plus solide qu'un chiffre d'affaires théorique.
Si je rends mes données "lisibles" pour les IA, est-ce que je ne risque pas de tuer mon trafic direct ?
Le risque de "zéro clic" est réel, mais le risque d'invisibilité est sans doute pire. Si vous n'êtes pas lisible, l'IA recommandera votre voisin qui l'est. L'objectif en 2026, c'est d'être la source de confiance : même si le volume de clics baisse, celui qui arrive sur votre site sera à priori bien plus qualifié car l'IA a déjà validé que vous étiez la meilleure réponse. Mais tout ça reste parfois encore un peu théorique car il n'existe pas de méthode officielle.
Nicolas François

