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J'ai installé OpenClaw : premiers pas avec Néo, mon assistant de voyage

Un outil qui fait beaucoup parler, une installation sur VPS et mes premières impressions après quelques heures de test.

Nicolas François Nicolas François

En novembre dernier, un développeur autrichien publie un projet personnel sur GitHub. En deux semaines : une pénurie de Mac Mini, trois changements de nom successifs, et des milliers de développeurs qui n'ont plus que ça à la bouche. J'ai voulu voir ce qu'il y avait derrière le bruit...

OpenClaw, c'est un agent IA open source qu'on installe sur sa propre machine, ou sur un serveur, et avec lequel on interagit via Telegram ou WhatsApp. Il peut gérer des emails, lancer des recherches, exécuter des scripts. On ne parle pas d'un chatbot habituel mais d'un agent, c'est-à-dire un programme qui agit de façon autonome, enchaîne des étapes et prend des décisions sans vous demander votre avis à chaque fois. C'est la différence que je voulais tester concrètement.

Allez, c'est parti !


De Clawdbot à OpenClaw : 3 noms, un seul outil

OpenClaw a changé 3 fois de nom en 2 mois. Clawdbot d'abord (novembre 2025), puis Moltbot après un conflit de marque avec Anthropic (Claude). Nicolas Guyon (@ComptoirIA) a carrément qualifié cet épisode de "raté monumental" : là où Sam Altman et Mark Zuckerberg avaient tendu la main à Steinberger, Anthropic a répondu par une mise en demeure... Dommage. Steinberger a finalement rejoint OpenAI en février, l'outil a été transféré dans une fondation indépendante, et le nom "OpenClaw" a été validé directement par Altman himself !

Petit détail qui m'a frappé : avant même de choisir ce nouveau nom, Steinberger avait donc demandé son feu vert à Altman. Ce genre de précaution en dit long sur la façon sur l'écosystème actuel...

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Pourquoi un homard ?
Le choix n'est pas anodin du tout. Le homard mue, il perd sa carapace pour grandir et traverse quelques heures de vulnérabilité avant que la nouvelle protection repousse. Bien choisi pour un projet qui a changé d'identité trois fois tout en restant le même logiciel :) Ça se tient !

Dans la même veine, Matt Schlicht a lancé Moltbook : un réseau social entièrement peuplé d'agents IA. Les bots s'inscrivent, postent, commentent entre eux. Les humains observent. Je reste vraiment très sceptique sur l'usage mais ça reste une bonne illustration de la logique agentique... poussée à l'extrême.


Pourquoi j'ai choisi un VPS et pas ma machine

OpenClaw peut tourner sur votre ordinateur, rien ne l'interdit techniquement. Mais j'avais deux problèmes avec cette option.

Le premier est assez basique : si je ferme mon Mac, l'agent s'éteint. Peu pratique pour quelque chose qui est censé travailler en autonomie.

Le second est plus sérieux : Je n'avais vraiment pas envie d'installer sur ma machine personnelle un outil qui fouille des fichiers, lit des emails et exécute des commandes système, sans maîtriser ce que je faisais. Et vu tout ce qui a été publié depuis sur les risques de sécurité d'OpenClaw, je me dis que j'ai sans doute bien fait, même si ça va aussi limiter son usage dans un premier temps. On va y revenir...

J'ai donc choisi un VPS chez Hostinger : un serveur virtuel, isolé de mes données personnelles, disponible 24h/24, et qu'on peut éteindre à tout moment si quelque chose tourne mal. OpenClaw est directement intégré au catalogue Hostinger, le déploiement a pris moins de 15 minutes.

Mon Dashboard OpenClaw
Paramètrage de mon assistant
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Ma 1ère impression
L'installation est vraiment très accessible. Hostinger a bien facilité le déploiement. Un point à anticiper cependant : OpenClaw a évidement besoin d'un LLM pour fonctionner, et ça passe par une clé API (Google, OpenAI ou Anthropic). J'ai choisi Claude et chargé 10 $ pour démarrer tranquillement. Rien de bloquant, mais ça demande de créer un compte, accéder à une console développeur et récupérer une clé. Et ajouter sa CB au passage... OpenClaw n'est pas un outil en ligne prêt à l'emploi.

Certains vont plus loin et achètent même un Mac Mini dédié, environ 700 €, uniquement pour y faire tourner OpenClaw en permanence. Pas seulement pour isoler l'agent, mais parce qu'ils veulent un assistant qui vit quelque part. L'agent surveille les emails toutes les 30 minutes, "se réveille seul" (façon de parler) pour signaler un message urgent, travaille la nuit. VPS pour la sécurité, Mac Mini pour la présence continue. Deux façons de voir les choses, mais bon, je n'en suis pas encore là !


Néo, mon assistant de voyage personnel

OpenClaw synchronisé avec mon compte Télégram
Mon "Chat" dans OpenClaw

Quand on configure OpenClaw, la première étape est de nommer son agent et de lui définir un rôle. J'ai choisi Néo, avec un mission précise : assistant de voyage. Connecté à un bot Telegram dédié, interrogeable depuis mon téléphone à n'importe quelle heure.

Premier moment sympa : envoyer un premier message à "son" assistant. Il y a quelque chose d'assez satisfaisant dans le fait de se dire qu'on a créé son propre outil, même s'il reste très basique à ce stade.

Sauf qu'à ce stade... j'utilise ni plus ni moins que Claude via Telegram. OpenClaw est la couche intermédiaire. Pas de magie du tout et rien d'extraordinaire.

Ce qui change vraiment : la mémoire autonome

Claude a déjà une mémoire. Avec sa nouvelle app desktop Mac, on peut même lui donner accès à des fichiers locaux (on en reparlera dans un prochain article). Mais c'est toujours vous qui gérez, qui décidez ce qu'il retient. Avec OpenClaw, l'agent met à jour sa propre mémoire au fil des conversations, tout seul. Si je dis à Néo que je voyage avec un ado et un budget serré, il le retient. Sans que j'aie à faire quoi que ce soit.

C'est petit comme différence en apparence. En pratique, c'est ce qui distingue un assistant de travail d'un chatbot basique.

Mon 1er test concret

J'active web_search et j'envoie depuis Telegram : "Je cherche un hébergement insolite dans les Vosges pour le week-end du 18 avril."

La réponse est plutôt bien structurée : cabanes dans les arbres, bulles, yourtes, roulottes. Pour chaque option : le nom, le lieu, les points forts. Propre. Mais j'obtiendrais le même résultat directement dans Claude.... logique.

Je lui demande ensuite les tarifs et disponibilités. Il revient avec des prix réels, des URLs, des numéros de téléphone. Il n'a pas pu vérifier les disponibilités exactes, mais il a proposé de chercher un restaurant dans la foulée, puis de faire un récapitulatif du week-end.

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2ème impression
Utile mais sans surprise à ce stade. La vraie limite que je touche, c'est l'accès aux données. Néo ne connaît pas mon agenda, mes vraies contraintes, mes habitudes de voyage. C'est là que ça deviendrait intéressant, et c'est précisément tout l'intérêt d'OpenClaw : lui donner accès à Gmail, Google Calendar, des bases de données réelles. Mais c'est aussi là que la question de la sécurité devient sérieuse. Pour le moment, je reste (trop?) prudent.

Les limites rencontrées

Le rate limit API : en enchaînant quelques échanges, j'ai vite déclenché le message "⚠️ API rate limit reached." Au niveau d'accès de base à l'API Anthropic (Tier 1), la limite serait de 30 000 tokens par minute. OpenClaw recharge le contexte complet à chaque message : sur une conversation longue, ça consomme vite. Et ça risque de me coûter cher ! Je vais surveiller ça.

La sécurité : injections de prompt, infostealers (des petits "pickpockets" de mots de passe et de sessions) ciblant les installations OpenClaw, risques liés aux droits administrateur. La règle d'or : ne jamais donner à l'agent plus de droits que ce dont il a strictement besoin. Commencer en lecture seule et avancer prudemment. Ce n'est pas vraiment une option, c'est LE prérequis.


Ce qui m'a bien plu : les skills

C'est là que ça devient vraiment intéressant. Les skills sont des instructions qu'on écrit soi-même pour son agent : un dossier, un fichier texte, quelques lignes en langage naturel. Chaque skill que vous créez associe un comportement précis à votre agent. Il n'improvise plus, il suit le protocole que vous avez défini.

Pour les pros du tourisme, c'est la partie à regarder de très près. Imaginez un agent qui, quand il reçoit un email de demande de devis, suit exactement votre processus habituel, pose les bonnes questions dans le bon ordre, et vous prépare une synthèse structurée. Ca devient alors très opérationnel.


Ce que j'en retiens pour l'instant

J'en suis au tout début. J'ai installé OpenClaw sur un VPS, compris les bases, connecté Telegram. Pour le moment, j'ai Claude dans mon téléphone avec une mémoire en plus. Rien de plus.

Mon avis : OpenClaw n'est pas un outil prêt à l'emploi pour un pro du tourisme qui veut "essayer les agents IA". Mais c'est un bon terrain d'exploration pour ceux qui ont envie de comprendre ce que "agentique" veut vraiment dire, et qui acceptent d'y passer du temps. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est juste ce que c'est, et il vaut mieux le savoir :)

Ce qui m'intéresse, c'est la suite : connecter de vraies données, construire des skills métier, mesurer si la différence entre "chatbot" et "agent" se voit vraiment dans la pratique. Je vous dirai !

À suivre 🦞


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