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J'ai installé OpenClaw : premiers pas avec Néo, mon assistant de voyage

Premières impressions après l'installation d'OpenClaw

Nicolas François Nicolas François

En janvier, un développeur autrichien a publié un projet personnel sur GitHub. En deux semaines, un succès viral chez les développeurs, une pénurie de Mac Mini et 3 changements de nom plus tard, tout le monde parlait d'OpenClaw. J'ai voulu tester :)

OpenClaw, c’est un agent IA open source qu’on installe chez soi (sur sa machine ou son serveur) et avec lequel on interagit depuis Telegram ou WhatsApp. Il peut gérer des emails, lancer des recherches, exécuter des scripts. On ne parle plus d’un chatbot mais bien d’un agent.

De Clawdbot à OpenClaw

OpenClaw a changé de nom 3 fois en deux mois, rien que ça ! Clawdbot (novembre 2025), puis Moltbot après un conflit de marque avec Anthropic (la maison mère de Claude).

Un épisode que Nicolas Guyon (@ComptoirIA) qualifie de "raté monumental" : là où Sam Altman et Mark Zuckerberg avaient tendu la main, Anthropic a envoyé des menaces juridiques. Peter Steinberger a rejoint OpenAI en février pour une somme non divulguée (on parle quand même de 6 chiffres), et OpenClaw a été transféré dans une fondation indépendante. Petit détail qui en dit long : avant d'adopter le nom "OpenClaw", Steinberger avait pris soin de demander son aval à Sam Altman. Qui a dit oui.

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Pourquoi un homard en mascotte ?
On dit que Steinberger avait choisi cet animal pour une raison précise : le homard "mue". Il perd sa carapace pour grandir, traverse quelques heures de vulnérabilité totale, puis repousse une protection plus solide. Parfaitement choisi pour un projet qui a changé de peau trois fois tout en restant le même logiciel :)

Moltbook : quand les agents ont leur propre réseau social

Dans la même veine, Matt Schlicht, entrepreneur tech et cofondateur d'Octane AI, a lancé Moltbook : un réseau social entièrement peuplé d'agents IA. Les bots s'inscrivent, postent, commentent entre eux et les humains regardent. Ça a fait le tour des médias, souvent avec des titres un peu racoleurs.

Ca me laisse très sceptique sur l'usage. Ce qui m'intéresse, c'est de voir des agents qui agissent seuls, sans validation humaine à chaque étape. C'est poussé à l'extrême, mais c'est exactement la logique agentique dont je parlais dans mon dossier sur les agents IA dans le tourisme.

Mais revenons à OpenClaw.


Installer OpenClaw sur mon ordinateur ? Vraiment ?

OpenClaw peut tout à fait tourner sur votre ordinateur, techniquement, rien n'interdit ça. Mais j'avais deux problèmes avec cette option.

  • Première raison, basique : si je ferme mon Mac, l'agent s'éteint. Pas très pratique.
  • Deuxième raison, beaucoup plus sérieuse : je n'avais vraiment pas envie d'installer sur ma machine personnelle un outil qui fouille mes fichiers, lit mes emails et exécute des commandes système, sans maîtriser ce que je faisais. Et quand on voit tout ce qui a été publié depuis sur les risques de sécurité d'OpenClaw, je me dis que j'ai bien fait même si ça va aussi limiter son usage.

Du coup, pour tester, j'ai choisi un VPS chez Hostinger. Un VPS, c'est un serveur virtuel, isolé de mes données personnelles, disponible 24h/24 et que je peux éteindre à tout moment si quelque chose se passe mal. OpenClaw étant intégré directement dans le catalogue de Hostinger, le déploiement a pris moins de 15 minutes.

Mon Dashboard OpenClaw
Paramètrage de mon assistant
Ma 1ère impression : plutôt simple à installer, vraiment. Hostinger a bien facilité le déploiement. Un point à anticiper quand même : pour faire tourner votre agent, il lui faut un LLM, et pour ça, avoir une clé API active chez Google (Gemini), OpenAI (ChatGTP) ou Anthropic (Claude). J'ai choisi Claude et chargé 10 $ pour démarrer tranquillement. Rien de bloquant, mais ça demande de se créer un compte, accéder à la console, récupérer une clé. Et oui, openClaw n'est pas un service en ligne avec interface prête à l'emploi (SaaS), c'est plus une infrastructure.

Pourquoi on voit fleurir des Mac mini avec OpenClaw ?

Certains achètent un Mac Mini dédié (environ 700 €), uniquement pour y faire tourner OpenClaw en permanence. Pas seulement pour isoler l'agent mais parce qu'ils veulent un assistant qui vit quelque part. L'agent surveille les emails toutes les 30 minutes, “se réveille seul” (façon de parler) pour signaler un message urgent, travaille la nuit. VPS pour la sécurité, Mac Mini pour la présence continue. Deux façons de voir les choses mais bon, je n’en suis pas encore là…


Néo, mon assistant de voyage personnel

OpenClaw synchronisé avec mon compte Télégram
Mon "Chat" dans OpenClaw

Quand on configure OpenClaw, la première chose à faire c'est de nommer son agent et de lui définir un rôle. J'ai choisi Néo, avec un rôle précis : assistant de voyage. Connecté à un bot Telegram dédié, interrogeable depuis mon téléphone.

Premier moment sympa : envoyer un message à "son" assistant. Il y a quelque chose d'assez satisfaisant dans le fait de se dire qu'on a créé son propre outil.

Sauf que... à ce stade, j'utilise ni plus ni moins que Claude via Telegram. OpenClaw est la couche intermédiaire. Pas de magie et rien d'extraordinaire.

Ce qui change : une mémoire autonome

Claude a aussi une mémoire. Et sa nouvelle app desktop sur Mac, vous pouvez même lui donner accès à des fichiers locaux. Mais c'est vous qui gérez. Avec OpenClaw, l'agent met à jour sa propre mémoire au fil des conversations, tout seul. Si je dis à Néo que je voyage avec deux enfants et un budget serré, il le retient sans que j'aie à faire quoi que ce soit.

Mon 1er test

J'active web_search et j'envoie depuis Telegram : "Je cherche un hébergement insolite dans les Vosges pour le week-end du 18 avril."

La réponse est bien structurée : cabanes dans les arbres, bulles, yourtes, roulottes, avec pour chaque option le nom, le lieu, les points forts. C'est plutôt propre mais je peux avoir le même résultat directement dans Claude. Normal.

Je lui demande ensuite les tarifs et disponibilités. Il revient avec des prix réels, des URLs, des numéros de téléphone. Il n'a pas pu vérifier les disponibilités exactes, mais il a proposé de chercher un restaurant dans la foulée, puis de faire un résumé du week-end.

Plutôt utile mais rien de fou fou quand même.

En fait, la vraie limite que je touche, c'est l'accès aux données. Néo ne connaît pas mon agenda, mes vraies contraintes, mes habitudes. C'est là que ça deviendrait intéressant et c'est d'ailleurs tout l'intérêt d'OpenClaw : lui donner accès à mon Gmail, mon Google Calendar, des bases de données réelles.

Mais c'est aussi là que ça peut se compliquer en terme de sécurité... et pour le moment je préfère rester prudent.

1ères limites rencontrées

Le rate limit API
En enchaînant quelques échanges, j'ai vite déclenché le message "⚠️ API rate limit reached." Au niveau d'accès de base à l'API Anthropic (Tier 1), la limite serait de 30 000 tokens/minute. OpenClaw rechargerait le contexte complet à chaque message : sur une conversation longue, ça consomme vite.

La sécurité avant tout
Injection de prompt, infostealers (des sortes de petits "pickpockets" de mots de passe et de sessions) ciblant les installations OpenClaw, risques liés aux droits administrateur. La règle d'or : ne jamais donner à l'agent plus de droits que ce dont il a strictement besoin. Commencer en lecture seule et avancer prudemment.


Ce qui m'a bien plus : les skills

C'est vraiment ce qui rend OpenClaw intéressant : les skills que l'on écrit soi-même, pour son propre agent. Un dossier, un fichier texte, quelques lignes d'instructions en langage naturel. Chaque skill que vous créez, c'est un comportement que vous associez à votre agent. Il n'improvise plus mais doit suivre le protocole que vous avez défini. On va en reparler !


Ce que j'en retiens (pour l'instant)

Je n'en suis qu'au tout début. J'ai juste installé OpenClaw sur un VPS, compris les bases, connecté Telegram. Pour le moment, j'ai Claude dans mon téléphone avec une mémoire en plus. Rien de plus.

Ce qui m'intéresse, c'est la suite : quand je vais connecter de vraies données, c'est là que la différence entre "chatbot" et "agent" va vraiment se voir (ou pas). Je vous dirai.

À suivre 🦞

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