Nano Banana Pro : J'ai testé le nouveau studio créa de Gemini
De l'outil pratique au mini studio pro avec Gemini 3 : analyse des fonctions texte, lumière et cohérence pour vos créations. Quels usages dans le tourisme ?
Vous vous souvenez de Nano Banana 🍌 ? L'outil sympa et pratique pour la génération d'images et la retouche rapide dans Gemini dont je vous parlais en septembre dernier.
Mais dès qu'on voulait l'utiliser pour du "vrai" boulot (une affiche print, une campagne HD ou un visuel avec du texte), on touchait vite les limites. C'était fun, mais pas encore assez robuste pour la production.
Bonne nouvelle, Nano Banana Pro (alias Gemini 3 Pro Image pour les intimes) est arrivé ! J'ai passé plusieurs heures dessus et on est clairement en train de passer de l'outil utile au petit studio de création. Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup pour nos métiers du tourisme ?
C'est ce qu'on va regarder ensemble !
1. Enfin du texte qui ressemble... à du texte !
C'était le talon d'Achille de toutes les IA (et ma principale frustration) : la fameuse "soupe de lettres". Vous demandiez un panneau "Bienvenue", vous obteniez un gribouillage illisible type "Bievenuüue".
Avec cette version Pro, c'est (presque) fini. Même si c'était déjà en fait bien géré dans la version précédente, ça s'améliore encore grandement.
J'ai testé la génération d'affiches et de logos : le modèle "comprend" très bien le texte (même quand il y en a beaucoup). Il l'intègre proprement, avec la bonne typographie.


Le petit plus : Il gère aussi le multilingue. Vous pouvez adapter une bannière pour vos visiteurs allemands ou espagnols en un prompt (exemple avec la traduction d'étiquettes de bière la brasserie artisanale Hoppy Road en... coréen :)

2. Le contrôle "Studio" (Lumière & 4K)
Ici, on s'attaque à la qualité brute. Fini les visuels un peu flous dès qu'on zoome.
Nano Banana Pro peut monter jusqu'à la 4K (2K par défaut, il faut des abonnement payant pour aller au-delà). Mais ce qui m'a le plus bluffé, c'est le contrôle de la lumière. Vous pouvez demander une "Golden Hour", une lumière douce de matin d'automne ou un éclairage dramatique... et l'IA respecte la consigne physique (ombres, reflets). Ou carrément passer une photo de jour... en mode nuit 🌙. C'est vraiment fou !

Et on a enfin cette "profondeur" qui manquait souvent aux images IA, qui faisaient parfois trop "plastique".
3. La cohérence : Le Graal des marques
C'est le point bloquant pour beaucoup de pros : "C'est joli, mais je ne peux pas garder le même personnage sur deux photos différentes".
Là, Google a également franchi un cap. Le modèle propose une cohérence d'acteur.
Concrètement ? Vous pouvez créer un personnage (disons, un guide de montagne) et le mettre en scène devant un paysage, en train de boire son café au coin du feu... il gardera le même visage.


Regardez bien la capture ci-dessous. Tout se passe dans la même conversation.
1. L'ancrage : Je lui donne d'abord un paysage de référence.
2. La création : Je génère le personnage ("Marc, bonnet orange...") dans ce paysage.
3. La suite : Je demande une nouvelle scène (le feu de camp) en précisant "Même visage, même bonnet".
Parce que je suis resté dans le même fil de discussion, Gemini "se souvient" de l'image qu'il vient de créer et réutilise les traits de Marc. C'est cette mémoire conversationnelle qui change tout.

Même chose pour votre charte graphique : vous pouvez lui fournir jusqu'à 14 images de référence (logos, couleurs) pour qu'il "apprenne" votre style avant de générer.
Les cas d'usage "Tourisme" que j'ai repérés
Au-delà de la tech, voici ce que ça peut changer concrètement pour nos tâches quotidiennes :
Le "nettoyage" intelligent : C'est mon favori. Simple, basique. Vous avez la photo parfaite de la place de votre ville... sauf qu'il y a des gens qui traversent, une poubelle verte fluo au premier plan ? Avec l'édition chirurgicale (Inpainting), vous gommez l'objet et l'IA reconstruit l'arrière-plan (pavés, eau...) sans trace.


La rénovation d'archives : Pour les lieux patrimoniaux, on peut dépoussiérer de vieilles photos (enlever le grain, raviver les couleurs) sans dénaturer l'image historique. Et ça, je vous en reparlerai car c'est une petite passion cachée... ;)

La mise en situation : Créer des mockups réalistes. "À quoi ressemblerait notre nouveau stand au salon du tourisme ?" : Vous lui donnez vos visuels, il génère le stand en 3D.
Il est bien mon Café, non ? :)


Et plein d'autres choses encore...

Quand l'IA garde les pieds sur terre (Grounding)
C'est peut-être la fonctionnalité la moins visible, mais la plus importante pour le secteur. Nano Banana Pro utilise le moteur de raisonnement de Gemini 3. En français ? Il ne se contente pas "d'imaginer", il vérifie.
Il est connecté à Google Search (et Maps). Donc si vous lui demandez un visuel du Mont Saint-Michel, il connait la structure réelle du lieu.

Pour le tourisme, c'est juste fondamental. On vend du réel, pas de la science-fiction. Ce "grounding" (ancrage) permet d'éviter, ou plutôt limiter les hallucinations visuelles trop grossières.


Soyez directifs ! Et avec ce modèle, n'oubliez pas le Prompt Négatif en précisant ce que vous ne voulez PAS voir (ex : "Pas de foule, pas de ciel gris, pas de texte flou"). Ça nettoie le résultat.
Point juridique : À qui appartiennent les images ?
C'est la question que beaucoup de pros se posent. Avec les plans payants (Pro/Ultra), la réponse est double :
- Usage commercial : ✅ OUI
Google ne revendique pas la propriété des images. Vous êtes libre de les utiliser pour vos brochures, sites web, affiches ou campagnes payantes. - Exclusivité : ❌ NON
Les conditions de Google précisent que l'IA peut générer une image similaire pour un autre utilisateur. De plus, le droit d'auteur sur les images 100% IA reste un flou juridique : vous possédez l'image, mais il est difficile d'empêcher quelqu'un de la copier.
Le point sur le filigrane (watermark)
Il faut distinguer 2 choses : ce que l'on voit, et ce que l'on ne voit pas.
1. Le visible (logo "étincelle")

Par défaut, via l'interface classique (Gemini Web), Google appose le logo de Gemini (la petite "étincelle") dans le coin de l'image. Pour un usage pro (brochure, site web), c'est gênant.
2. L'invisible, le SynthID

Que vous ayez un logo ou non, Google intègre toujours SynthID. C'est une signature numérique encodée dans les pixels, indétectable à l'œil nu et résistante aux retouches (en tout cas sur le papier). Faut-il l'enlever ? Non, c'est impossible et inutile. Et ça ne gâche pas votre visuel.
Faut-il toujours indiquer "Image générée par IA" ?
Je dirais NON car il ne faut pas confondre génération et retouche.
- Si vous créez une image de zéro : ✅ Oui, signalez-le (c'est même obligatoire selon le réglement européen IA Act)
- Si vous utilisez l'IA pour faire une retouche sur une vraie photo (effacer une poubelle, un poteau ...) : ❌ Pas besoin. Les plateformes comme Instagram distinguent clairement la création pure de la retouche cosmétique. Votre photo reste une photo, juste plus propre.
Pour aller plus loin :


Comment l'utiliser ?
Selon votre niveau de technicité (et de patience), vous avez 2 options :
1. La voie rapide : Via Gemini (web et mobile)

C'est l'option "clé en main" que je recommande à 99% d'entre vous.
- Où : gemini.google.com ou l'application mobile
- Avantage : C'est fluide, intuitif (mode chat) et immédiat
- Le coût : Inclus dans votre abonnement Google
2. La voie "Expert" : Via Google AI Studio

Google propose une interface nommée Google AI Studio. À la base conçue pour les développeurs, elle est accessible à tous avec un compte Google.
C'est le cockpit réservé aux développeurs (ou aux curieux :).
- Où : aistudio.google.com
- L'avantage : C'est le seul moyen d'avoir un contrôle total (température créative, format brut) et surtout aucun filigrane visible !
Combien ça coûte ?
Google a structuré son offre en plusieurs étages et le diable se cache dans les détails (notamment sur la différence entre les quotas mensuels et journaliers).
Voici ce qu'il faut savoir pour choisir la bonne formule :
L'offre gratuite (le "bac à sable")
C'est par là que je vous conseille de commencer pour prendre l'outil en main.
- Pour qui ? Les curieux, les étudiants ou pour faire vos premiers tests.
- Le piège : Vous êtes limités à environ 20 images/jour en résolution standard. Surtout, le filigrane "étincelle" est incrusté.
- L'astuce : Pensez à sélectionner le modèle "Raisonnement" dans l'interface pour activer la génération avancée.
Google AI Plus (7,99 €/mois)
C'est la nouvelle option "entrée de gamme". Intéressante pour le stockage, mais limitée pour la création.
- Le gain : Vous passez à 200 Go de stockage (Google One).
- Le bémol : Côté IA, vous fonctionnez souvent sur un quota mensuel assez restreint (environ 100 à 200 images par mois). C'est bien pour un usage ponctuel, mais ça file très vite si vous itérez beaucoup.
Google AI Pro (21,99 €/mois)
C'est l'étape logique si vous produisez du contenu régulièrement pour les réseaux sociaux.
- Le vrai saut : On passe sur un quota journalier. Vous pouvez générer environ 500 images/jour. C'est quasiment illimité pour un humain normal. Vous débloquez aussi la 4K et 2 To de stockage.
- Attention : Même en payant ce prix, si vous passez par l'interface Gemini classique (le chat), le filigrane reste visible. Il faut passer par Google AI Studio pour s'en affranchir.
Google AI Ultra (274,99 €/mois)
Là, on ne rigole plus. C'est l'offre pour les agences et les gros studios.
- Le vrai plus : C'est la seule offre qui garantit zéro filigrane visible. C'est indispensable si vous vendez la prestation à un client ou pour de l'affichage. Vous avez aussi 30 To de stockage.
- Le bonus : Vous passez en priorité sur les serveurs et accédez aux nouveautés en bêta avant tout le monde.

Verdict ?
Nano Banana Pro est une vraie brique pro, plus robuste, plus fiable.
Est-ce qu'il remplace le photographe ? Non.
L'IA reste un assistant de production. Elle est là pour déblayer, pour itérer, pour les visuels "utilitaires" ou les concepts. Mais pour l'émotion, le "vrai" regard sur une destination... l'humain garde la main. Je le pense vraiment.
C'est un outil puissant, à nous de l'utiliser avec intelligence pour gagner du temps sur la technique et en passer plus sur le fond.
Pensez à la mettre dans vos favoris.

Nicolas François


