Impact de Google AI Overviews sur le tourisme : La fin de l'ère du clic en 2026 ?
Comprendre les mécaniques du "Zéro-clic" pour ne pas devenir invisible. Un tour d'horizon complet des nouveaux enjeux de Google AI Overviews.
Le paradigme a basculé : comment naviguer dans le tourisme "Zéro-Clic" en 2026
Le constat est sans appel : Google n’est plus un moteur de recherche, c’est devenu un moteur de réponse. Pour les acteurs du voyage, du petit hôtelier au grand OTA, la révolution "AI Overviews" change radicalement la donne. Mais est-ce la fin du trafic web ou le début d’un marketing de plus haute précision ?
On en a parlé autour de nombreux cafés, on l’a vu poindre dans les annonces de Mountain View… Nous y sommes. En ce début d’année 2026, l’utilisateur ne "cherche" plus, il "converse". Avec le déploiement massif de l’IA générative dans les résultats de recherche, le secteur du tourisme est en première ligne face au phénomène du Zéro-Clic.
Pourquoi cliquer sur un site quand Google planifie votre itinéraire en Italie du Nord ou détaille la météo à La Réunion directement dans sa page de résultats ?
Au programme de cette analyse :
- L'état des lieux : Pourquoi le voyage est un secteur impacté par les AI Overviews
- Le paradoxe de la confiance : Ce que les voyageurs attendent réellement de l'IA (étude Booking.com)
- Technique : Comprendre le "Query Fan-Out" pour ne pas devenir invisible
- Stratégie 2026 : 4 leviers pour optimiser votre visibilité touristique
La visibilité à l’ère de l’IA… quand Google répond à votre place
Entre panique du “Zéro Clic” et buzzword marketing, on va essayer de faire le tri !
On en parle depuis des mois, on l’a vu arriver aux États-Unis… Ça y est, AI Overview et ses résumés générés par IA directement dans Google est à nos portes. Mais pour comprendre ce qui se joue, il faut d’abord prendre un peu de hauteur.
C’est depuis l’arrivée de ChatGPT, Perplexity ou Bing Copilot que la manière de chercher a fondamentalement changé. L’utilisateur n’explore plus le web, il converse avec lui. On ne tape plus des mots-clés mais on pose des questions.
On est passé du “moteur de recherche” au “moteur de réponse”. Mais si ces challengers ont ouvert la voie, le vrai séisme arrive maintenant. Pourquoi ? Parce que le patron entre dans la danse…
ChatGPT vs Google : le rapport de force de la recherche en 2026
C’est qui le patron ? Si on en croit l’étude Havas Market de mai 2025, ChatGPT est l’outil d’IA le plus utilisé en France (près de 80%). Et il compte près de 800 millions d’utilisateurs actifs par semaine dans le monde. Rien que ça…
Face à ces chiffres, beaucoup ont annoncé la mort de Google. Mais... en matière de recherche en ligne, le rapport de force est bien plus nuancé. Car en volume de requête quotidien, Google reste un titan qui semble indétrônable.

Le rapport de force : 14 milliards de requêtes/jour pour Google contre quelques dizaines de millions pour les challengers. Mais attention, si le volume est chez Google, la manière de répondre va changer radicalement.
Avec AI Overview, on change de division : du lien bleu à la réponse synthétique
Pour être précis, Google jouait déjà les “moteurs de réponse” depuis 2016 avec ses fameux extraits en position zéro (les Featured Snippets pour les intimes).
Mais avec AI Overview, on change de division. On ne parle plus d’afficher un simple extrait de site, mais d’une réponse synthétique et personnalisée, construite en temps réel à partir de multiples sources.
La conséquence ? La recherche devient conversationnelle, immédiate et surtout... elle se suffit à elle-même. L’utilisateur n’a plus besoin de cliquer.

Vous voyez la différence ? Dans l’exemple, l’IA a carrément généré un mini guide de voyage : météo, saisonnalité, activités... sans que l’internaute ait besoin de sortir de Google.
Le “Mode IA” de Google : la planification de voyage sans clic sortant
Si l’AI Overview résume, le nouveau bouton “Mode IA” va encore plus loin. J’ai fait le test en lui demandant : “Planifie-moi un voyage de deux semaines en Italie du Nord pour une famille”.
Le résultat ? Il ne me sort pas une liste de blogs de voyage à consulter. Non, il génère un itinéraire complet jour par jour, structuré par semaine, avec une estimation du budget et même les spécialités culinaires locales à goûter.
A ce stade, j’avoue que j’ai quand même un doute côté expérience utilisateur : du texte et des listes à puces pour préparer son voyage en 2026… disons que c’est un peu “brut”. Sans parler de la pertinence. On verra si les usages suivent mais ce qui frappe déjà, c’est l’absence quasi totale de liens. On passe vraiment du moteur de recherche au moteur de réponse.
Bon, on vient de parler de plusieurs concepts et pour ne pas s’y perdre, voici un petit récapitulatif sur l’évolution de la recherche Google ces dernières années :

IA et Voyage : le paradoxe de la confiance (Étude Booking.com)
Même s’il y a beaucoup d’enthousiasme autour de l’IA, est-ce que les voyageurs sont vraiment prêts à la laisser décider ? Booking.com s’est justement penché sur la question et vient de publier un rapport sur la perception de l’IA. Et les résultats résument assez bien ce paradoxe :
- L’envie est là : 81% des Français se disent enthousiastes et 79% souhaitent utiliser l’IA pour planifier leurs futurs voyages.
- MAIS la confiance est au plus bas : Seulement 4% des Français font “entièrement confiance” à l’IA (contre 6% au niveau mondial) et 91% avouent avoir des inquiétudes.
- Pas de pilote automatique : Seuls 7% des consommateurs français sont à l’aise avec l’idée que l’IA prenne des décisions de manière indépendante.
- Le chiffre qui fait mal : L’IA (11%) est désormais jugée plus fiable que les influenceurs (4%)
En fait, je trouve ça plutôt rassurant pour la confiance, pas vous ? Les répondants veulent de l’aide pour planifier mais pas un robot qui décide à leur place. Histoire (peut-être) de garder encore la main sur le bouton “réserver”…

Mais revenons à nos pertes de clics.
L’ère du “Zéro Clic” : analyse de l'invisibilité dans le secteur Travel
Le risque est mathématique. Si Google donne la réponse complète (météo, affluence, conseils), pourquoi cliquer sur votre site ? Aux États-Unis, où le système est actif depuis mai 2024, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Regardez la colonne “Travel” (tout à droite). Près de 37% des requêtes voyage génèrent désormais une réponse IA. C’est quand même énorme et ça signifie que sur 10 recherches, 4 obtiennent une réponse immédiate sans clic obligatoire. Hum…
La mécanique du Query Fan-Out : comment l'IA décompose les requêtes
Pour (espérer) exister dans cette réponse, il faut comprendre comment la machine réfléchit. Oubliez le fonctionnement par mots-clés classiques. L’IA utilise ce qu’on appelle le Query Fan-Out.
Derrière ce nom un peu barbare se cache une logique simple : celle d’un enquêteur ultra-zélé. Imaginez que vous demandiez à un assistant : “Trouve-moi un gîte sympa où les chiens sont admis autour de Gérardmer”.

L’ancien Google (celui avec les liens bleus ;) aurait cherché les pages contenant les mots “Gîte” + “Chien” + “Gérardmer”. Simple, basique.
La nouvelle version IA, elle, va “éclater” votre demande en plusieurs sous-missions distinctes (c’est le fameux “Fan-Out”) :
- Identifier la zone géographique “autour de Gérardmer”
- Lister les gîtes les mieux notés dans cette zone
- Vérifier spécifiquement dans les conditions de chaque gîte si les animaux sont acceptés
- Comparer les prix pour la période
L’IA va consulter 5, 10 ou 15 sites différents (voir accéder directement à des données via API comme pour la météo) pour répondre à chaque “sous-mission”, puis recoller les morceaux pour vous générer une réponse unique et personnalisée.

La conséquence brutale : Si votre site internet est flou sur l’une de ces briques (par exemple, si l’info “chiens admis” est cachée dans un PDF ou mal indiquée), l’IA ne pourra pas valider la Mission n°3. Résultat ? Elle vous écarte totalement de la réponse finale. Vous n’êtes pas “mal classé”, vous êtes invisible. 😶🌫️
SEO vs GEO (Generative Engine Optimization) : faut-il tout miser sur ce buzzword ?
Depuis quelques mois, on voit fleurir un peu partout le terme GEO (Generative Engine Optimization). J’avoue, j’en ai déjà parlé aussi. Le nouveau Graal ? Pas si vite... Comme le souligne très justement Amandine Bart (experte SEO) dans un coup de gueule récent, attention au bullshit marketing.
“Le GEO n’est rien d’autre qu’un prolongement de ce qu’on fait déjà : produire du contenu pertinent, clair, et crédible. [...] Si votre stratégie SEO actuelle ne vous permet pas de sortir sur les IA, alors c’est qu’elle est mauvaise.”
Elle a raison sur un point central : les contenus générés par IA ne sortent pas de nul part. Il sont produits à partir de ce qui existe. Sans un bon SEO classique (technique propre, contenu riche…), pas de visibilité IA.
Votre plan d’action 2026 : 4 leviers pour optimiser votre visibilité touristique
Alors, on fait quoi ? Déjà, on ne panique pas et on travaille ses fondamentaux avec une couche de “bon sens IA”.
- L’autorité de marque : L’IA cherche la confiance. Si votre marque est citée par d’autres sites (presse locale, blogs, partenaires), l’IA vous considérera plus comme “légitime”.
- La donnée structurée (parlez le langage machine) : Aidez l’IA à vous lire sans ambiguïté (via le schema.org ou les options de votre CMS). Vos horaires, vos prix, vos adresses doivent être balisés techniquement.
- La FAQ conversationnelle : L’IA adore les formats “Question/Réponse”. Transformez vos pages d’infos froides en vraies réponses. Au lieu d’un titre “Météo”, écrivez “Que faire à [Destination] quand il pleut ?”. C’est du pain bénit pour les AI Overviews qui cherchent des réponses directes.
- L’expérience humaine (ou l’anti-IA) : L’IA peut synthétiser Wikipédia, mais elle ne peut pas “ressentir”. Créez du contenu incarné : des avis clients détaillés, des vidéos de terrain, des témoignages “je l’ai testé pour vous”…
Étude de cas : La stratégie “Le Monde” face à la baisse de trafic
Face à la baisse de trafic (-23% pour les médias US), le journal Le Monde a fait un pari assez audacieux en signant des accords avec les IA (OpenAI, Perplexity). Le constat de Louis Dreyfus (PDG) : Le volume de visiteurs venant de l’IA est plus faible, mais leur taux de conversion en abonnement est meilleur.

📆 Quand AI Overview arrive-t-il en France ?
Et ça arrive quand en France ? Officiellement, le déploiement en France était attendu pour la mi-novembre. Dans les faits, c’est encore timide, tout le monde ne le voit pas encore. Par contre, nos voisins (Pays-Bas, Belgique par exemple) sont déjà servis. Ce n’est donc pas une question de “si”, mais de “quand” (probablement une généralisation d’ici début 2026).
Conclusion
Une chose est sûre, on n’a pas fini d’en parler ! Autre certitude, le trafic “touriste curieux” va baisser, c’est inévitable. Mais le trafic qui restera sera sans doute plus qualifié (c’est en tout cas ce qui ressort des premiers retours).
Personnellement, je ne chercherais pas à “hacker” l’IA mais je chercherais plutôt à être la référence incontestable sur mon sujet. L’IA n’aura alors pas d’autre choix que de vous citer. Enfin, rien n’est sûr… vous l’aurez compris :)
À suivre…
Foire aux questions
Est-ce que je vais vraiment perdre tout mon trafic avec l'arrivée d'AI Overview ?
Le trafic dit de "curiosité" va baisser, c'est inévitable (jusqu'à -23% observés chez certains médias aux US). Cependant, le trafic qui parviendra jusqu'à votre site sera plus qualifié. L'IA fait le tri en amont : ceux qui cliquent sont ceux qui ont une réelle intention d'achat ou de réservation.
Comment savoir si mon site est "lisible" par l'IA de Google ?
L'IA utilise le Query Fan-Out : elle éclate une demande complexe en sous-missions. Si vos informations clés (ex: "chiens admis", "piscine chauffée", "prix groupe") sont floues, cachées dans un PDF ou non balisées techniquement, l'IA ne pourra pas valider la brique correspondante. Résultat : vous risquez d'être écarté de la réponse générée.
Faut-il que je remplace ma stratégie SEO par du GEO (Generative Engine Optimization) ?
Pas du tout. Le GEO n'est qu'un prolongement du SEO. Sans une structure technique propre et un contenu de qualité (avis clients, expertise humaine, données structurées), l'IA n'aura aucune matière fiable à synthétiser. Un bon SEO reste la condition sine qua non pour exister dans les moteurs de réponse.
Nicolas François
