Automatisation et IA dans le tourisme : les bases pour gagner du temps en 2026
Ne confondez plus règles prédéfinies et intelligence adaptative. Découvrez comment orchestrer vos premiers flux pour libérer votre quotidien.
– Nicolas ☕️
De Zapier à Make : la révolution du no-code dans le tourisme
Ah, l’automatisation et l’IA ! 2 mots que l’on entend partout, souvent dans la même phrase… et pourtant, ils ne désignent pas la même chose.
On les confond souvent, parce qu’ils promettent tous les deux de faire gagner du temps. Cette fameuse promesse qui est sur toutes les lèvres dès qu’on parle d’IA…
Mais derrière, ce sont 2 logiques bien différentes :
- L’automatisation repose sur des règles prédéfinies
- L’IA, elle, analyse, classe, adapte à partir de données
Et c’est lorsqu’on les combine que les résultats peuvent devenir vraiment intéressants.
Dans ce dossier, je vous propose de :
- remettre un peu d’ordre dans ces concepts
- découvrir les outils les plus pertinents
- et surtout, savoir ce qui mérite vraiment d’être automatisé
D’où vient la révolution du no-code dans le tourisme ?
Depuis les débuts de l’informatique, on cherche à déléguer aux machines ce qu’on fait à la main : trier, calculer, classer, gérer des données... Bref, gagner du temps et limiter les erreurs.
Mais un vrai tournant a eu lieu au début des années 2010, avec l’arrivée de Zapier et sa promesse : automatiser des tâches entre applications… sans coder ! Rien que ça :)
Une vraie révolution, suivie par d’autres acteurs comme Make (anciennement Intergomat pour les puristes), qui a d’ailleurs rendu tout ça plus visuel et accessible.
Aujourd’hui, ces outils servent de base à une nouvelle génération d’automatisations… boostées à l’IA.
De la règle fixe à l’agent autonome : les 3 stades de l’évolution

En résumé, voici les 3 grandes étapes de cette évolution :
- Automatisation
Le système exécute toujours la même suite de tâches selon des règles fixées.
Exemple : envoyer un mail de confirmation après une réservation. - Automatisation avec IA
L’IA intervient pour analyser ou ajuster certaines étapes.
Exemple : trier automatiquement les messages selon leur contenu. - Agents IA
Le système devient plus autonome : il analyse la situation, planifie et agit selon le contexte.
Exemple : un assistant capable de proposer un itinéraire, d’ajuster selon la météo, puis d’envoyer un message au client.
Ma boîte à outils : quel chef d’orchestre choisir pour vos données ?
Le marché de l’automatisation est vaste et de plus en plus d’outils intègrent des briques d’automatisation. Mais voici selon moi (basé sur mon usage) les principaux outils à connaître :
Make : Mon favori pour une automatisation visuelle et fluide

Mon outil préféré. Interface visuelle, logique fluide, apprentissage progressif. On comprend ce qu’on fait, on voit le flux, on garde la main sur chaque étape. Selon moi, c’est aujourd’hui le meilleur point d’entrée pour automatiser sans coder.
Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous en parle dans la section “Boîte à outils”.
Zapier : La référence historique (parfois moins souple)

Le premier outil d’automatisation que j’ai utilisé, bien avant l’arrivée de l’IA générative. Malgré ses évolutions, je le trouve aujourd’hui moins fluide et agréable que Make. Même si c’est une question d’habitude et de choix personnel, il faut aussi reconnaître qu’une fois un outil choisi, difficile de changer (surtout quand plusieurs automatisations tournent déjà en parallèle). Ça reste une référence solide.
n8n : Pour les profils techniques en quête de contrôle total

Plus technique mais beaucoup plus libre. Open source et auto-hébergeable, il permet de garder la main sur ses données. Je l’utilise en version auto-hébergée (c’est mon côté curieux/geek :) et c’est mon bac à sable d’expérimentation. Je ne suis encore qu’au début de mon exploration… à suivre !
Notion & Airtable : Le duo gagnant pour structurer vos données
Pour orchestrer les données (en entrée et sortie), voici les 2 outils no-code que j’utilise et que je trouve les plus efficaces :

Notion comme base de connaissances connectée à mes automatisations (et il fait bien plus que ça, c’est aussi mon outil perso pour tout gérer).

Airtable pour structurer mes contenus et il s’intègre parfaitement avec Make. Je l’utilise professionnellement depuis plusieurs années maintenant et c’est clairement un outil que je juge incontournable ! Pratique, puissant, facile d’utilisation… c’est un outil idéal pour travailler des bases de données plus complexes. Airtable intègre maintenant directement l’IA dans les tableaux et c’est hyper puissant.
Le mythe du "zéro effort" : pourquoi il faut mettre les mains dans le cambouis
On lit souvent “automatiser sans coder”, ce qui pourrait laisser penser qu’on peut tout déléguer à des outils d’automatisation. Alors oui, Make, n8n, Notion ou Airtable rendent les choses bien plus accessibles.
Mais pas de baguette magique, il faut quand même, à un moment, mettre un peu les mains dans le cambouis.
Pour connecter un outil IA (ChatGPT, Mistral, Gemini…), il faut par exemple récupérer une clé d’API, parfois se créer un compte développeur, accepter quelques permissions… Rien d’impossible mais il faut un minimum de curiosité technique.
Et parfois, ça se complique un peu : par exemple, certaines automatisations avec Gmail peuvent demander des autorisations particulières… et on peut vite se retrouver à jouer les Indiana Jones dans Google Cloud. Interface en anglais, acronymes partout, consentements API… ça peut décourager (même les plus motivés :)

Mais qu’on se rassure, le no-code reste un excellent point d’entrée pour créer ses premières automatisations et, pour beaucoup d’outils, ça reste très simple de s’y connecter. Il faut simplement accepter d’y passer un peu de temps, d’explorer, de tester, de se tromper… avant de vraiment gagner du temps.
Diagnostic : Votre processus est-il vraiment prêt pour la machine ?
Avant même de parler d’automatisation, il faut déjà savoir si le processus s’y prête vraiment. Tant que les principes restent “dans les têtes”, impossible de les déléguer à une machine.
Je vous conseille de commencer par cartographier vos actions : qui fait quoi, quand, avec quelles données ?
Et surtout, oubliez les outils, l’IA et partez du besoin !
Et adaptez la technologie à vos processus, jamais l’inverse.

Et qu’on se le dise : « Automatiser un mauvais processus ne le rend pas meilleur ». Il faut d’abord le clarifier pour ensuite le déléguer. Ça commence obligatoirement par de l’intelligence… humaine !
Guide de décision : Comment choisir son outil sans s'épuiser ?
Sur le papier, le bon outil n’est pas forcément le plus populaire mais c’est celui qui s’intègrera bien à votre écosystème. Dis comme ça, c’est bien beau mais voici un petit process pour vous aider :
- Partir du besoin : commencez petit, sur un cas concret simple ou sur une petite partie d’un processus
- Regarder votre écosystème : vos outils actuels ont peut-être déjà des fonctions d’automatisation
- Choisir selon votre niveau : 🟢 Débutant / Intermédiaire : Make ⚫ Avancé : n8n
- Tenir compte du budget et du temps : Make suffit souvent pour commencer, n8n prend le relais si vous voulez plus de contrôle… mais il nécessitera plus de temps de prise main
- Tester, documenter, ajuster : l’automatisation est un processus vivant. Si vous pensiez oublier vos automatisations et partir un an en vacances… mauvaise idée ! Ils doivent vivre : mise à jour des bases de connaissances, des prompts et instructions, suivre l’évolution des modèles IA…
"Ne vous demandez pas quel outil utiliser mais quel problème vous cherchez à régler !"
Jean-Philippe Duchesneau
Du concret : 10 exemples d’automatisations pour votre structure
Pour vous aider à vous projeter, voici quelques exemples d’automatisations que vous pourriez imaginer dans une structure touristique.
Quick wins
Des automatisations simples, déployables en quelques heures ou jours :
- réponses automatiques par mail aux demandes récurrentes (horaires, tarifs, accès…)
- mise à jour d’événements ou de fiches sur le site à partir d’une base Airtable
- diffusion d’actualités via la newsletter sans double saisie
- veille concurrentielle automatisée (Google Alerts, réseaux sociaux, actualités locales)
- rappels avant l’arrivée d’un client avec infos pratiques et liens utiles
- collecte et traitement automatique des avis post-séjour
Automatisations plus avancées
Des projets plus complets, combinant données, IA et intégration d’outils :
- tarification dynamique selon la demande ou la fréquentation
- personnalisation du parcours client à partir du CRM et du comportement en ligne
- agents IA capables de gérer les échanges jusqu’à la validation d’une réservation
- analyse automatique du sentiment des avis clients
- maintenance prédictive ou optimisation énergétique des bâtiments
Étude de cas : Gagner 75% de temps sur la gestion des mails

Jean-Philippe Duchesneau, fondateur de Voiles en Voiles à Montréal, m’en parlait déjà il y a un an… et son exemple reste plus que jamais d’actualité.
Il a automatisé la gestion des emails récurrents (horaires, tarifs, réservations, infos pratiques) grâce à Make et ChatGPT.
Résultat : des réponses plus rapides, des équipes soulagées et un gain de temps estimé à près de 75 %.
Une belle illustration de ce que l’automatisation peut apporter au quotidien, sans perdre la touche humaine.

Rentabilité : Pourquoi l’automatisation affiche le meilleur ROI de l’IA
Selon plusieurs études récentes, l’automatisation affiche le meilleur ROI parmi les usages de l’IA. Une étude estime même que dans le marketing, on serait sur un ROI de 70 % en moyenne, loin des usages les plus répandus comme la génération de contenu.

Ce qui fait la différence ?
Les gains ne se voient pas toujours en surface et ils viennent souvent des coulisses : processus internes, veille, reporting, diffusion de données…
En clair, cette étude nous dit que l’automatisation ne fait pas rêver (ou qu’il y a un manque de connaissances / compétences ?) alors que c’est elle qui pourrait créer beaucoup de valeur.
La limite de l'optimisation : garder de la place pour la respiration humaine
Vous savez que je me pose beaucoup de questions… et que, même si j’adore le numérique depuis mes 14 ans (vous vous souvenez de l’Amstrad de mon 1er numéro :), je me questionne sur son impact à tous les niveaux. Bon, je suis clairement sur une ligne de crête quasiment en permanence, entre enthousiasme et impacts. Mais je pense que c’est ce qui me passionne aussi :) Bref. Revenons à notre sujet…
L’automatisation et l’IA promettent donc de nous libérer des tâches répétitives. Mais à force de tout optimiser, est-ce qu’on ne risque pas aussi d’en perdre le sens ?
“Même les tâches à faible valeur ajoutée ont une vertu : elles constituent une pause, une respiration, un repos cognitif”
Le Monde, octobre 2025
Et c’est vrai que “répéter”, ce n’est pas forcément perdre du temps. C’est souvent en refaisant qu’on apprend, qu’on affine et qu’on maîtrise.
Je citerais cette phrase de Nicolas Boileau, que j’ai relue récemment sur LinkedIn et que je trouve encore très juste à notre époque :
“Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : polissez-le sans cesse et le repolissez ; ajoutez quelquefois, et souvent effacez.”
Nicolas Boileau, L’Art poétique (1674)
Automatiser, oui, mais en gardant une place pour la lenteur, pour l’apprentissage et pour l’attention au détail. Pas toujours facile de trouver le bon équilibre…
Bon, je sens que j’ai un peu cassé l’ambiance… il est temps de conclure :)
Le mot de la fin : Redonner du sens au travail grâce à la machine
Automatiser, ce n’est pas déléguer aveuglément à la machine mais c’est repenser ses gestes, comprendre ce qui peut être simplifié et faire en sorte que la technologie serve mieux le quotidien.
L’automatisation fait exécuter, l’IA aide à comprendre et à adapter. Et c’est ensemble qu’elles permettent de travailler plus “intelligemment” (on pourrait débattre de l’utilisation de ce terme…).
En résumé, l’automatisation n’a de sens que si elle redonne du sens au travail… et surtout si elle n’en fait pas perdre, non ?
Fin du premier épisode…
Foire aux questions
R : Oui, absolument. Des outils comme Make ou Zapier sont justement conçus pour créer des flux visuels sans écrire une seule ligne de code. Cependant, cela demande une certaine curiosité technique pour configurer les connexions entre vos applications.
R : Si vous voulez une interface simple et rapide, Zapier est une bonne porte d'entrée. Mais si vous voulez un outil plus visuel, plus puissant et souvent plus économique sur la durée, je vous conseille vivement Make.
R : C'est tout l'inverse si c'est bien pensé ! En automatisant les réponses aux questions répétitives (horaires, accès), vous libérez du temps pour traiter personnellement les demandes complexes qui nécessitent vraiment votre attention et votre empathie.
R : Malheureusement non. C'est un processus vivant. Les outils évoluent, les clés d'API expirent parfois ou les processus internes changent. Il faut prévoir un petit temps de suivi et de maintenance régulier.
Conclusion : Vous avez un projet d'automatisation ou une question sur un outil spécifique ? Envoyez-moi votre question ici ou abonnez-vous pour ne pas manquer l'épisode 2 de ce dossier !
Nicolas François
