Wemap à VivaTech : Réinventer la cartographie par le Spatial Computing et l'IA
À Vivatech, j’ai rencontré Emmanuel Mouren (Wemap). Son défi ? Rendre la carte immersive et souveraine, loin de l'hégémonie de Google.
Après avoir exploré l'IA culturelle avec Ask Mona, j'ai continué mon parcours à VivaTech 2025 sur le stand de Wemap. Dans un monde dominé par les solutions de navigation américaines, comment une pépite française peut-elle s'imposer ? J'ai voulu comprendre comment Emmanuel Mouren utilise le Spatial Computing pour redonner le pouvoir aux lieux et aux utilisateurs.
⏱️ L'essentiel en 1 minute
- Technologie : Wemap utilise le spatial computing et la computer vision pour proposer du guidage là où le GPS échoue (gares, musées, stades).
- Innovation : La réalité augmentée permet une navigation intuitive sans avoir à "lire" une carte classique.
- Souveraineté : Contrairement aux GAFAM, Wemap garantit que les données (flux, points d'intérêt) restent la propriété exclusive de l'institution cliente.
- Futur : L'intégration de l'IA générative va permettre de créer des cartes conversationnelles capables de générer des itinéraires sur mesure en langage naturel.

WeMap : 10 ans d'expertise au service du guidage multimodal
Nicolas François : Emmanuel, peux-tu présenter Wemap en quelques mots ?
Emmanuel Mouren : Bien sûr. Wemap est une société experte en cartographie, en localisation et en guidage. Nous fournissons à plus de 150 clients nos services de plans interactifs, de moteurs de recherche et de guidage multimodal. L’idée, c’est de simplifier la vie des visiteurs : les inspirer en amont, les guider sur place, et enrichir leur expérience tout au long du parcours.
Wemap a fêté ses 10 ans cette année. Nous sommes une grosse vingtaine dans l’équipe, avec un développement à la fois en France et à l’international.
Le Spatial Computing : quand la réalité augmentée remplace le plan papier
On voit des cartes partout, qu’est-ce qui vous rend unique ?
Nous nous positionnons comme innovateurs de la cartographie. Notre expertise repose sur le spatial computing. Concrètement, cela veut dire que nous allons au-delà du simple plan. Nous intégrons la réalité augmentée, qui permet d’afficher en temps réel les points d’intérêt autour de soi et de se laisser guider pas à pas.
Nous avons aussi développé la localisation indoor sans GPS grâce à la computer vision, pour se repérer dans des espaces complexes comme des gares, stades ou stations de métro. Notre objectif est clair : aider les gens à mieux comprendre leur environnement et vivre une expérience plus intuitive.

Est-ce que vos solutions fonctionnent aussi sans connexion Internet ?
Oui, en partie. Pour la localisation en intérieur via computer vision, il faut un minimum de connexion. Mais nous avons aussi des usages entièrement offline. Par exemple, aux 24 Heures du Mans, Wemap permet aux visiteurs de se repérer autour des paddocks, avec calcul d’itinéraire, sans connexion réseau.
Culture et Tourisme : du Château de Versailles au Zoo de Vincennes
Quels usages concrets dans le tourisme et la culture ?
Nous travaillons beaucoup avec ces secteurs et je veux t'en citer quelques un :
L’Office de tourisme de Paris utilise Wemap dans son application MyParisJeT’aime pour découvrir des milliers de points d’intérêt et être guidé jusqu’à sa destination.
Au Père Lachaise, plus de 40 % des visiteurs utilisent notre solution pour retrouver les tombes des personnalités.
Le Muséum national d’histoire naturelle et le zoo de Vincennes s’appuient sur Wemap pour aider les familles à trouver les animaux selon les saisons.
Nous avons aussi redessiné les plans intérieurs du château de Versailles pour les rendre interactifs. Et nous collaborons aussi avec JC Decaux pour équiper des écrans tactiles dans l’espace public.
Souveraineté : pourquoi garder la maîtrise de ses données cartographiques ?
D’où viennent vos données cartographiques ?
Pour l’extérieur, nous utilisons OpenStreetMap, dont nous sommes membres actifs. Pour l’intérieur, nous produisons des plans personnalisés avec nos clients. À Versailles, par exemple, nous avons redessiné les plans d’architecte. Nous connectons aussi nos cartes aux systèmes d’information touristiques : Apidae, Data Tourisme, ou encore Affluence pour intégrer les données de fréquentation en temps réel. Et surtout, point essentiel : les données appartiennent aux clients. Contrairement à Google, nous leur garantissons la maîtrise de leurs contenus.

Computer Vision et IA : vers une cartographie "conversationnelle"
Justement, l’IA prend une place croissante. Comment vous l’utilisez ?
Chez Wemap, l’IA n’est pas un effet de mode. Depuis plusieurs années, nous travaillons sur la computer vision. Cela consiste à analyser des images plutôt que des textes. On filme un espace avec une caméra 360, on entraîne nos algorithmes, et derrière, un simple smartphone suffit pour reconnaître un lieu et guider l’utilisateur sans balises ni capteurs.
Nous développons aussi un moteur conversationnel dont l’output sera directement des cartes interactives enrichies : calcul d’itinéraires, réalité augmentée, contenus dynamiques. Nous avons déjà des intégrations avec OpenAI, et nous explorons des pistes avec d’autres acteurs comme Mistral AI.
En résumé, c'est quoi l’ambition de WeMap pour les prochaines années ?
Continuer à réinventer la cartographie en la rendant plus immersive, plus intelligente et plus conversationnelle. Notre vision est que la carte devienne un compagnon interactif, capable de guider, d’informer et de simplifier l'expérience des visiteurs, qu’ils soient au musée, au zoo, dans une gare ou dans les rues d’une ville.
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Nicolas François