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L’impact environnemental de l’IA : vers un usage lucide et responsable

Au-delà du buzz, quel est le coût écologique réel de nos prompts ? Analyse d'une face cachée pour un numérique plus conscient.

Nicolas François Nicolas François

Les abonnés de la newsletter ont reçu ce dossier en avant-première. J'y décrypte les mécaniques de cette mutation.

Quand on parle IA, créativité et nouveaux usages, c’est bien de regarder l’envers du décor. En décembre dernier, dans mon dossier Vidéo IA & Tourisme : créativité et responsabilité, je partageais déjà cette conviction que l’impact environnemental doit faire partie intégrante de nos réflexions.

Estimation de l’impact environnemental de la réalisation d’une vidéo IA de 52 secondes - publiée dans le numéro de décembre de IA, Tech & Travel Café

Et au passage, pas seulement pour l’IA… mais pour tout ce que l’on fait avec le numérique.

Depuis, on l’a vu tout à l’heure, l’actualité s’est emballée avec de nouveaux outils toujours plus accessibles, des usages massifiés, une démocratisation grand public… et avec cette accélération, une question devient de plus en plus pressante dans les échanges : Quel est l’impact environnemental réel de l’IA ?

Quelques ordres de grandeur

Pour commencer, voici une synthèse basée sur les travaux récents de Sacheen Sierro qui s’appuie sur de nombreuses sources (ADEME, MIT, Arbor…) :

Source : Post Linkedin de Sacheen Sierro

Ce qu’on peut en tirer

  • Une session de visio Zoom polluerait 1000 fois plus que 5 requêtes ChatGPT
  • 45 min de scroll sur Instagram émettrait 70 fois plus de CO₂ que 5 prompts IA
  • L’IA générative textuelle resterait moins énergivore que le streaming vidéo ou les jeux en ligne

En résumé : Oui, le numérique dans son ensemble a un impact… et l’IA ne fait pas exception. Mais elle ne serait pas aujourd’hui le principal contributeur aux émissions carbone du numérique.


⚠️ Quelques précautions sur les chiffres

Ces dernières semaines, plusieurs débats continuent d’agiter LinkedIn sur l’empreinte carbone de l’IA. Avec par exemple, une utilisatrice qui estimait générer 3,5 kg de CO₂ par mois via ses requêtes ChatGPT, soit autant que 28 km en voiture. Un chiffre qui alerte… mais qui mérite aussi d’être manipulé avec précaution, comme ceux de l’analyse précédente.

Comme le rappelle Benoît Raphaël, spécialiste de l’IA :

  • La consommation réelle dépend du modèle utilisé (GPT‑4, GPT‑4o, Mistral…),
  • Du lieu d’hébergement (mix énergétique du data center),
  • Et du type de requêtes effectuées.

L’important, c’est de rester lucide, sans tomber dans l’excès d’alarmisme.


IA générative : le vrai sujet, c’est l’échelle

Le site Bon Pote a publié récemment un dossier qui pourrait bien faire référence sur l’empreinte environnementale du numérique.

Source : “IA Génératives, data centers… quelle est la vraie empreinte environnementale du numérique ?” - Bonpote.com

Gauthier Roussihle y rappelle que :

  • A l’échelle individuelle, utiliser un peu l’IA (écriture, images) n’est pas dramatique
  • A l’échelle mondiale, avec 1 milliard d’utilisateurs et des data centers en expansion, le défi environnemental devient beaucoup plus sérieux

Le paradoxe ?

Chaque micro-usage est léger… mais multiplié par des millions, ça commence à peser lourd.

Et concrètement, on fait quoi alors ?

Pas besoin de paniquer et pas besoin non plus d’ignorer ou de vouloir cacher tout ça sous le tapis. Mais adopter sans doute des réflexes simples pour un usage plus responsable de l’IA :

✅ Utiliser l’IA avec intention : avant de lancer une requête ou une génération d’image, se demander : “Est-ce que ça répond à un vrai besoin, une vraie envie, ou est-ce juste un réflexe ?

✅ Explorer l’IA progressivement : tester, oui c’est important (cf le guide pratique de l’adoption de l’IA dans le tourisme) mais en limitant le “binge testing”, c’est-à-dire enchaîner des dizaines de tests sans but précis, juste pour “voir ce que ça donne”, au risque de perdre du sens… et d’alourdir inutilement son impact numérique.

Un bon point de départ : choisir 1 ou 2 usages précis (ex : reformuler un texte, créer un visuel pour un événement) et observer l’impact réel.

✅ Rester curieux sur l’impact des outils : même si ce n’est pas toujours transparent aujourd’hui, certains acteurs comme Mistral AI, Hugging Face ou Anthropic (Claude) commencent à communiquer activement sur leurs démarches responsables, en mettant l'accent sur l'open source, l'éthique, la transparence et la souveraineté numérique.

Le réflexe : regarder d’où viennent les modèles et où sont hébergées vos données. Pas toujours simple et je vais essayer de vous aider.

En résumé

  • Oui, l’IA a un impact environnemental comme tout usage numérique
  • Non, il n’est pas question de freiner l’innovation
  • Oui, chacun peut avancer avec lucidité et bon sens, à son rythme, sans tomber dans les extrêmes

Bref : tester, découvrir, apprendre… mais avec les yeux bien ouverts ☕


☕️ Questions au comptoir...

Pourquoi les estimations d'émissions de CO2 varient-elles autant d'une étude à l'autre ?

Parce que l'empreinte carbone dépend de variables invisibles pour l'utilisateur : la complexité du modèle (GPT-4 consomme plus que GPT-mini), la localisation du data center et la source d'énergie utilisée pour le refroidir (charbon vs nucléaire ou renouvelable).

Générer une image par IA pollue-t-il plus que d'écrire un texte ?

Oui, nettement. La génération d'images demande une puissance de calcul beaucoup plus importante. C'est là qu'il est intéressant d'éviter le "binge testing" et de privilégier la qualité des requêtes sur la quantité.

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