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Ask Mona à VivaTech : L’IA conversationnelle au service d’une culture pour tous

En direct de VivaTech 2025, Sofia nous dévoile comment Ask Mona démocratise l’IA pour le secteur culturel et touristique.

Nicolas François Nicolas François

Je sors des allées de VivaTech 2025 où j'ai pu m'entretenir avec Sophia Baladi, directrice commerciale d'Ask Mona. L'objectif : comprendre comment un acteur historique de l'IA conversationnelle adapte son modèle technique et économique face à la déferlante des LLM.


⏱️ L'essentiel en 1 minute

  • Mutation technique : L'entreprise abandonne son moteur d'IA "maison" (NLP) pour utiliser les modèles géants du marché (LLM), plus puissants.
  • Fiabilité : Utilisation de sources de données fermées pour limiter le risque d'hallucinations factuelles.
  • Économie : Une stratégie de baisse des coûts (120€/mois) pour toucher les musées de territoire.
  • Interface : Abandon du modèle "App mobile" au profit du QR code (Web App) pour réduire la friction utilisateur.
  • Prospective : Test de dispositifs vocaux au Château de Versailles pour sortir de l'interface textuelle.

Sophia Baladi (au centre) lors de son intervention sur le stand Bpifrance à Vivatech

L'adaptation technologique : du moteur "maison" aux modèles géants

Ask Mona a vu le jour en 2017. Après plusieurs années d’expérimentation en intelligence artificielle conversationnelle, l’entreprise a opéré un pivot stratégique en 2023. Rencontre avec Sophia, qui revient sur ce repositionnement et les ambitions d’Ask Mona.

Nicolas : Comment Ask Mona se positionne aujourd’hui dans un secteur bouleversé par l’IA générative ?
Sophia : Nous sommes une entreprise « historique » de l’IA conversationnelle. En 2017, nous développions notre propre technologie NLP, mais avec l’arrivée de l’IA générative, nous avons décidé de changer de cap. Notre force n’est pas de concurrencer les géants technologiques mais de comprendre les besoins spécifiques du loisir, de la culture et du tourisme. Aujourd’hui, nous combinons les meilleures briques existantes (LLM, voix, agents…) pour créer des solutions adaptées à ce secteur. C’est notre « recette » : utiliser les bons ingrédients du marché pour proposer une expérience spécialisée et puissante à nos clients.


Nos IA sont limitées et « promptées » pour éviter les hallucinations. Elles ont même le droit de dire « Je ne sais pas », ce qui est fondamental pour la fiabilité.

Données et éthique : le défi de la fiabilité historique

La data est un sujet sensible dans la culture et le tourisme. Comment la gérez-vous ?
C’est un enjeu central. Nous travaillons uniquement avec des données qui appartiennent à nos clients, ou avec des sources libres validées par eux. Quand c’est nécessaire, nous mentionnons toujours les auteurs. Et lorsqu’on utilise des personnalités historiques comme Van Gogh, nous veillons à respecter leur image. Notre approche est volontairement éthique : pas d’exploitation « sauvage » de contenus protégés, pas de détournement de sens. Nos IA sont limitées et « promptées » pour éviter les hallucinations. Elles ont même le droit de dire « Je ne sais pas », ce qui est fondamental pour la fiabilité.

Capture d'écran du site Ask Mona

Modèle économique : la question de l'accessibilité pour les petits musées

Concrètement, quelles institutions font appel à vous ?
Grâce à l’IA générative, nous pouvons désormais accompagner aussi bien de très grands établissements comme la Fondation Louis Vuitton que de petites structures. Nous travaillons par exemple avec le Musée de la Pêche, le Musée National du Sport, le Musée de la Gendarmerie ou encore le Musée Rolin à Autun, actuellement fermé pour 5 ans mais qui a lancé une exposition temporaire enrichie par un bot Ask Mona. Notre tarification commence à 120 € par mois pour une solution simple, ce qui rend nos services accessibles même aux plus petits musées.

Prospective : vers une interaction vocale avec les œuvres

Quelles sont les nouveautés que vous préparez ?
Jusqu’ici, nos expériences étaient très textuelles. Nous avons ajouté progressivement la voix, et nous allons maintenant plus loin avec des expériences « voice-first ». La semaine prochaine, nous lançons au Château de Versailles une expérience qui permettra aux visiteurs de dialoguer librement avec les sculptures du jardin. Nous travaillons aussi sur des IA plus « incarnées », intégrées discrètement dans l’environnement. L’idée est de sortir de l’audioguide ou du smartphone pour permettre au visiteur de converser directement avec une œuvre ou un avatar 3D, dans une expérience immersive et naturelle.

Annonce du partenariat Ask Mona x OpenAI

Stratégie d'accès : pourquoi abandonner l'application mobile ?

Vous avez choisi de ne pas développer d’application mobile dédiée. Pourquoi ?
Parce que nous pensons que les gens n’ont plus envie de télécharger des applis supplémentaires. Nous avons fait le choix d’une web app, accessible via un QR code, une borne NFC ou une simple URL. Cela reste très flexible : Ask Mona peut aussi être intégré directement dans les applications de nos clients, comme c’est le cas pour la Fondation Louis Vuitton ou le Château de Versailles.


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